Payre, Renaud

Professeur de science politique à l’Université Lumière Lyon-2

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ENS Lettres et Sciences Humaines
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Faculté de droit et science politique Université Lyon II
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 Parcours

Diplômé de l’IEP de Grenoble, j’ai obtenu mon doctorat de science politique en décembre 2002 avec la soutenance, à l’Université de Grenoble II- Pierre Mendès-france, de la thèse : A la recherche de la "Science Communale". Les "mondes" de la réforme municipale dans la France de la première moitié du vintième siècle, sous la direction d’Olivier Ihl.

Ma thèse a été récompensée en décembre 2003 par le GRALE (Groupement de Recherche sur l’Administration Locale en Europe http://grale.univ-paris1.fr (GIS CNRS Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) du Premier prix de thèse des collectivités territoriales : le Prix Georges Dupuis.

Cette thèse a bénéficié d’une allocation de recherche du Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MENR) mais aussi plus ponctuellement d’une bourse Fulbright (bourse Fulbright, commission franco-américaine d’échanges culturels et universitaires) au premier semestre 2001 au cours duquel j’ai été accueilli comme Visiting Scholar à Columbia University (New York - USA).

J’ai soutenu une habilitation à diriger des recherches à l’Université Lyon II en mai 2008. Le mémoire est intitulé Ordre politique et gouvernement urbain.

Professeur de science politique à l’Université Lyon 2, je dirige le Master II (pro et recherche) de Politiques publiques et gouvernements comparés à l’Institut d’études politiques de Lyon.

 Groupes de recherche

  • Responsabilité de l’axe 6 du Cluster 14 de la Région Rhône-Alpes : Politiques scientifiques et politiques publiques : enjeux des sciences sociales. Axe composé de quatre projets portés par F. Bardet, O. Ihl, R. Payre et G. Pollet. Voir également le site http://erstu.ens-lsh.fr (Enjeux et représentations de la Science, des technologies et de leurs usages)

 Domaines de recherche

  Action publique urbaine

Une partie de mes travaux développe une sociologie de l’action publique urbaine. L’angle privilégié consiste à analyser l’action publique urbaine à travers les circulations transnationales d’innovations, de techniques et de ressources politiques. L’objet réseau de villes étudiée dans une perspective historique est au centre de mes enquêtes. Autrement dit, il s’agit de sortir d’une approche en termes de centre-périphérie et de « dé-localiser » l’analyse du pouvoir urbain en repérant sa possible structuration horizontale (de ville à ville).

  • Cette réflexion sur les détours est présente dans des travaux d’ordre épistémologique et méthodologique sur le tournant socio-historique en science politique :
    • « Analyse des politiques publiques et "sciences historiques" », Revue française de science politique, vol.55, n°1, 2005 (avec G. Pollet).
    • « Approches socio-historiques », L. Boussaguet, S. Jacquot, P. Ravinet, Dictionnaire des politiques publiques, Paris, Presses de sciences po, 2004. (avec G. Pollet)
  • C’est avant tout à travers le détour socio-historique sur le gouvernement des villes dans la première moitié du vingtième siècle que l’action publique urbaine a été saisie et analysée. Ce travail a bénéficié d’échanges au sein d’un réseau de chercheurs européens (financement CNRS, Aide à Projets Nouveaux) : « Le mouvement municipal en Europe 1900-1950 » (Membres : Pierre-Yves Saunier, Viviane Claude, Jean Joana, Antoine Vion, Patrizia Dogliani, Oscar Gaspari, Dirk Wolfram, Nico Randeraad). Dans un ouvrage publié en 2007 ainsi que dans un ensemble d’articles, je m’intéresse à la genèse de la municipalité providence à travers l’étude du mouvement municipaliste dans la première moitié du vingtième siècle.
    • « À l’école du gouvernement municipal. Les congrès de l’Union Internationale des Villes de Gand 1913 à Genève 1949. », Bruno Dumons, Gilles Pollet (dir.), Administrer la ville en Europe. Paris : L’Harmattan, 2004.
    • « L’Union internationale des villes o l’Internazionale municipale (1913-1940) », Amministrare, anno XXX, Gennaio-Agosto 2000, n°1/2, pp. 217-239. (avec Pierre-Yves Saunier.)
    • « Les désillusions réformatrices. Le thème de la réforme municipale dans la France de l’après seconde Guerre Mondiale », Revue française d’administration publique, 2004.
    • « La riforma municipale in Francia tra le due guerre mondiali », Patrizia Dogliani, Oscar Gaspari (a cura di), L’Europa dei comuni. Origini e sviluppo del movimento comunale europeo dalla fine dell’Ottocento al secondo dopoguerra. Roma : Donzelli, 2003. pp.97-121.
  • Enfin, je pilote une enquête collective sur les réseaux contemporains. Il s’agit de saisir ces réseaux à travers leur institutionnalisation et leur emprise croissante notamment au niveau urbain. Les réseaux de villes (Eurocities, CGLU ainsi que des réseaux plus spécialisés) constituent un bon angle d’attaque pour tenter de saisir comment et pourquoi ces savoirs et technologies de gouvernement circulent. Mais les réseaux en s’institutionnalisant deviennent à leur tour des acteurs collectifs producteurs d’expertise légitime à destination des grandes institutions gouvernementales et internationales (ONU et UE en particulier). Cette enquête constitue un projet de recherche au sein de l’Axe « Politique publique et politique scientifique » que nous dirigeons dans le Cluster 14 (Représentations de la science) de la région Rhône Alpes.

Cette recherche sur les réseaux de villes contemporains a d’ores et déjà donné lieu à des publications :

    • "A city in the world of cities : Lyon and municipal associations in the 20th century", in Shane Ewen and Pierre-Yves Saunier (Ed.), Another Global City. Historical Explorations into the Transnational Municipal Moment 1850-2000. London : Palgrave, 2008, pp.69-85. (avec Pierre-Yves Saunier).
    • "The Importance of Being Connected : City Networks and Urban Government. Lyon and Eurocities (1990-2005), International Journal of Urban and Regional Research, 2010/2, pp.260-280.

  Sciences de gouvernement

En lien avec une dynamique de recherche initiée il y a quelques années, j’ai recours principalement à l’analyse socio-historique afin de saisir et d’analyser les savoirs produits et utilisés par les différentes instances et dispositifs de gouvernement. Ces savoirs, ces sciences et technologies de gouvernement sont en effet porteurs de représentations, d’idées, de valeurs, de normes et d’intérêts qui sont constitutives de la réalité même de l’action publique. C’est le rapport entre savoir et pouvoir qui est ici à nouveau exploré en étant attentif aux interfaces entre milieux savants et milieux gouvernants, aux espaces de rencontre. L’étude de ces milieux permet d’analyser la mobilisation des savoirs par le politique mais aussi la genèse politique ou reformatrice des savoirs sociaux.

  • Mes travaux portent en partie sur les savoirs urbains - des savoirs sur et pour la ville -. En repérant un possible non institutionnalisé - une science de gouvernement des villes - j’ai été conduit à prendre plus au sérieux les savoirs pratiques directement destinés aux administrateurs.
    • « Un savoir « scientifique, utilitaire et vulgarisateur » : la ville de La vie urbaine, objet de science et objet de réforme (1919-1939) », Genèses, septembre 2005, n°60.
    • « Le stade de l’expérience. Une incertaine « science communale et la question de l’institutionnalisation disciplinaire des savoirs urbains », Revue d’histoire des sciences humaines, 2005, n°12.
    • « La Préfecture de la Seine comme clearing house municipal (1919-1947) », Jahrbuch für Europäische Verwaltungsgeschichte, 2003, n°15, pp.89-108.
    • « Les efforts de constitution d’une science de gouvernement municipal : La vie communale et départementale (1923-1940) », Revue française de science politique, 2003, vol. 53, n°2.
    • « The science that Never Was : ‘Communal Science’ in France, 1913-1949 », Contemporary European History, 2002, vol.11, n°4, pp.529-547.
    • « Un possible non institutionnalisé. Socio-histoire de la « science communale » (1900-1950) », in Yves Déloye, Bernard Voutat, Faire de la science politique. Pour une analyse socio-historique du politique, Paris : Belin, 2002.
  • La science administrative comme science de gouvernement est un autre terrain qui me permet d’explorer la socio-genèse des savoirs de gouvernement. C’est une sociologie de la science administrative qui aspire à se confronter pleinement aux savoirs et savoir-faire administratifs cristallisant des représentations de l’action politico-administrative. Une action dont les attributions et les interventions dans la vie économique et sociale se sont multipliées tout au long du siècle. Cette recherche sur la mobilisation des savoirs dans l’action administrative et les savoirs comme leviers de réforme est au coeur du projet ANR MOSARE que je coordonne.
    • « L’espace des circulations. Réseaux d’acteurs et fabrique transnationale des sciences administratives (années 1910-années 1950) », F. Audren, P. Laborier, J. Vogel, P. Napoli, Les sciences camérales. Paris : PUF, 2007.
    • « L’Etat vu d’en haut : La réforme de l’Etat au sein des espaces internationaux de la science administrative dans l’entre-deux-guerres », Revue française d’administration publique, 120, 2006, pp.651-666.
  • Plus généralement, j’ai entrepris une réflexion sur la genèse réformatrice ou politique des savoirs. Ces travaux sont au centre de publications collectives ou de notes critiques.
    • Un article synthétique : "Governing Sciences", The Palgrave Dictionary of Transnational History, NY and London : Palgrave MacMillan, 2009.
    • Coordination, avec Rachel Vanneuville, du numéro 53/2 de la Revue française de science politique : « Sur la formation des sciences de gouvernement ».
    • Point critique : Ouvrage de Janet Horne (le Musée social, Paris, Belin, 2004) dans Etudes sociales , 2005, n° 1.
    • Discussion et mise en perspective de plusieurs ouvrages : « A European Progressive Era ? », Contemporary European History, 2002, vol.11, n°3, pp. 489-497.

  Métier politique et définition des mandats : la question des temporalités

Le point de départ de ces travaux (menés en collaboration avec Guillaume Marrel) est bien celui de la réglementation de la durée ou de la rééligibilité des mandats politiques. La question du temps a jusqu’alors peu été considérée dans une littérature - aujourd’hui très fournie - consacrée au métier et à la professionnalisation politique. Mais cette question de la codification temporelle des mandats, nous avons constaté qu’elle renvoyait à des manières d’envisager le rôle, la place et la légitimité des élus dans l’action publique. Nous avons ainsi organisé un atelier lors du 8ème congrès de l’AFSP sur les temporalités politiques et le lien entre temporalités électorales et temporalités décisionnelles. Les travaux de cet atelier ont fait l’objet d’un numéro de la revue Pôle Sud (n°2, 2006).

Les temporalités du politique
  • Une comparaison France-Etats-Unis nous a permis de formuler cette nouvelle question de recherche sur les temporalités politique. A un premier article publié en 2001 et portant sur l’adoption de la loi française du 10 avril 1929, allongeant le mandat municipal de quatre à six ans, s’est ajoutée une autre publication sur le mouvement contemporain des term limits et la réduction légale de la rééligibilité des parlementaires et des élus locaux aux Etats-Unis. Le détour par les term limits états-uniens nourrit l’hypothèse d’un passage : le passage du temps long de l’administration publique au temps court du management public, de l’expérience à la rotation, de mandats longs et rééligibles à des mandats courts et non-renouvelables, du compromis entre compétence et élection à l’impératif participatif.
    • « Entre action et élection. Les impératifs de la gestion publique dans la codification temporelle des mandats », Politique et management public, vol.23, 4, 2005.
    • « « Throw the bums out ! ». La remise en cause de la rééligibilité parlementaire aux Etats-Unis », Parlement(s). Histoire et politique, 2004, n°2. (avec G. Marrel).
    • « Le temps des maires. L’allongement du mandat en 1929 : une redéfinition de l’espace politique municipal », Politix. Revue des sciences sociales du politique, 2001, volume 14, n°53, pp.59-86. (avec G. Marrel.)
  • Il nous a ensuite fallu rechercher un terrain neuf sur lequel nous pourrions mesurer l’emprise, l’autorité dont peuvent bénéficier, au sein d’arènes parlementaires, des élus régulièrement renouvelés. Notre choix s’est porté sur le parlement européen. Cela nous a permis de questionner le lien entre longévité des eurodéputés et institutionnalisation de l’arène parlementaire.
    • « Des carrieres au Parlement. Longévité des eurodéputés et institutionnalisation de l’arène parlementaire », Politique européenne, hiver 2006.
    • « Inéligibilité », Yves Déloye, Dictionnaire des élections européennes. Paris : Economica, 2005 (avec G. Marrel).
    • « Longévité », Ibid. (avec G. Marrel).

Mots clefs : science politique

Dernière mise à jour le 8 juin 2010.

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