/ Soutenances (thèses et HDR)

Camille Hamidi soutient son HDR intitulée « La couleur du politique. Les usages de l’ethnicité dans les rapports ordinaires au politique : apports d’une réanalyse »

15 janvier 2021, à 15h, en visioconférence. Contacter Camille Hamidi (camille.hamidi@univ-lyon2.fr) pour y assister

Présentation

L’HDR de Camille Hamidi, maîtresse de conférences de science politique à l’université Lumière Lyon-2, chercheuse à Triangle, est composée de deux tomes :

  • Tome 1. Mémoire sur travaux (399 pages)
  • Tome 2. Mémoire original (398 pages)

Résumé du mémoire original :

La question de l’ethnicité est longtemps restée relativement taboue dans les sciences sociales françaises. Depuis la fin des années 1990, on assiste toutefois à une évolution sensible sur ces questions, des travaux de plus en plus nombreux faisant l’hypothèse d’une ethnicisation croissante de la société française, sensible tant dans les relations sociales que dans les rapports au politique, et qui se manifesterait en particulier dans les quartiers populaires. Pourtant, la façon dont l’ethnicité structure le rapport au politique reste encore un point largement aveugle de la littérature française, notamment dans les enquêtes qualitatives sur le sujet (a contrario des enquêtes quantitatives). Le mémoire original d’HDR cherche à investiguer cette question, à partir de la réanalyse d’une enquête conduite par l’auteure à la fin des années 2000, auprès de jeunes électeurs de quartiers populaires de Vaulx-en-Velin, en banlieue lyonnaise.

Le corpus se compose de trente entretiens conduits en 2007 et 2009 auprès d’électeurs de deux quartiers classés ZUS de Vaulx-en-Velin, âgés de 18 à 35 ans, à la fois des primo-migrants, des deuxièmes générations et des personnes nées en France de parents eux-mêmes nés en France métropolitaine. Il est analysé à l’aide d’un CAQDAS (atlas-ti) de manière à systématiser le travail sur le matériau.

L’HDR combine deux fils analytiques : une réflexion sur les manières d’appréhender les rapports ordinaires au politique, et une analyse de la façon dont l’ethnicité est mobilisée (ou non), et comment, par les individus pour se repérer politiquement. Sur le premier plan, la recherche fait dialoguer une approche de la politisation par la compétence politique et une conception élargie de la politisation (entendue au sens de la capacité à voir des problèmes communs ou partagés qui appellent des solutions collectives), en examinant la manière dont les déterminants de ces deux rapports au politique diffèrent en partie, et ce que la combinaison des regards permet de mettre au jour. Sur le second plan, le mémoire articule les outils de la sociologie de la culture sur les frontières symboliques et les acquis de la littérature (notamment états-unienne) concernant les effets de l’ethnicité sur le vote. Il examine la manière dont les individus mobilisent des catégorisations ethniques et sociales pour se repérer dans le monde social, et quelles conséquences cela emporte sur leurs rapports au politique.

L’introduction présente le corpus, et la méthode et les outils utilisés : il s’agit de la réanalyse par une chercheuse de sa propre enquête, outillée à l’aide d’un CAQDAS, le logiciel atlas-ti. Dans une première partie, le mémoire expose alors l’état des connaissances sur les effets de l’ethnicité sur le vote et les rapports au politique. Il analyse ensuite, dans une seconde partie, les formes de politisation des interrogés, en montrant ce qu’une variation des définitions permet de donner à voir, puis la manière dont les individus mobilisent les catégories ethniques et sociales pour se repérer dans le monde social, et comment cela influence leur rapport au politique. Enfin, dans une dernière partie, il s’arrête sur une question plus spécifique, importante dans les réflexions sur les liens entre ethnicité et politique : celle de la représentation des minorités en politique. Les interrogés considèrent-ils que les minorités (ethniques) doivent être représentées par des minorités ? L’enquête met en lumière l’existence d’une color-line sur ce point, au-delà des discours universalistes très généralisés parmi l’ensemble des interrogés.

La recherche défend une position qui consiste à prendre l’ethnicité comme objet d’étude, sans pour autant privilégier la « lentille ethnique » a priori ; à travailler sur l’ethnicité sans considérer que ce soit une question réservée aux minoritaires ; à prendre en compte la pluralité interne à chacun des groupes ethniques, afin d’éviter toute forme de « groupisme ».

Garant :

  • Patrick Lehingue, Professeur de science politique, UPJV

Membres du jury :

  • Sophie Duchesne, Directrice de recherche, IEP de Bordeaux (Rapportrice)
  • Nina Eliasoph, Professeure de sociologie, University of Southern California
  • Olivier Fillieule, Professeur ordinaire, Université de Lausanne
  • Patrick Simon, Directeur de recherche à l’INED, Chercheur associé au CEE (rapporteur)
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