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Colloque international « Les Italiens en Europe : perceptions, représentations, échanges littéraires et culturels (XIVe-XVIe siècles) »

9 novembre 2017 - 10 novembre 2017, Université Grenoble-Alpes, Grenoble

Comité scientifique

Comité d’organisation

Argumentaire

Rejetée ou recherchée, l’Europe est un sujet de débat dans plusieurs domaines de la pensée. Dans son ouvrage La civilisation de l’Europe à la Renaissance, John Hale racontait l’Europe de la Renaissance (1450-début du XVIIe siècle) en réservant plusieurs chapitres aux représentations et aux échanges entre les hommes, en y incluant les antipathies et les attractions des peuples qui la composaient.

L’objet du colloque est de réfléchir, dans une perspective interdisciplinaire, aux perceptions que les Italiens ont eues des autres peuples d’Europe et réciproquement à la façon dont ces derniers percevaient les Italiens. Par quels canaux culturels passent ces perceptions ? De quoi sont-elles faites ? Comment les différentes formes d’échanges, parmi lesquelles les migrations des artistes, des écrivains et des voyageurs, ont-elles constitué les représentations des uns et des autres ? Ces représentations ont-elles influé sur l’évolution de l’idée d’Europe ? En quoi ces perceptions sont-elles dépendantes des héritages qui ont construit une idée, avec ses transformations et ses permanences, que l’on s’est faite de l’Europe ?

Les échanges envisagés ici, en-dehors des champs spécifiques de l’économie et de la diplomatie, le seront au sens de vecteurs culturels, et pourront ainsi inclure les migrations culturelles et artistiques tels que les voyages (Hale parle de « styles migratoires » dont on trouve une illustration dans le Journal du Voyage de Montaigne), les traductions d’ouvrages et les réceptions, dans ces ouvrages, d’une autre culture (par exemple, le fait de gommer, dans certaines traductions, des références à des lieux étrangers que le public ne connaîtrait pas), mais aussi les poncifs sur les « étrangers » et les antipathies (préjugés, stéréotypes, etc.) que révèlent les correspondances épistolaires, les proverbes populaires, etc., comme les regards de sympathie, d’ouverture, révélateurs de curiosités, du sens d’une culture commune, de solidarités.

Si les sources considérées seront « culturelles », au sens littéraire et artistique, la réflexion ne peut pas faire l’économie d’une analyse plus historique et politique sur la définition même de l’Europe et d’une conscience européenne telles qu’elles se dessinent en Italie. Initialement définie par les Grecs comme une réalité géographique qui la différencie de l’Asie et de l’Afrique, l’Europe devient au Moyen Âge une « unité historique » (Lucien Febvre) qui est faite d’une civilisation marquée par le christianisme, avant de devenir politique à la fin du XVIe siècle.

Les travaux pourront donc constituer, par leur nature même, une réflexion sur l’Europe et les nations, sur l’idée d’Europe se faisant jour à travers aussi bien les attirances que les rejets, les traversées que les frontières, les correspondances épistolaires que les styles artistiques, les textes de fiction que les textes historiques.

Sans que soit nécessairement formalisée une réflexion abstraite sur l’idée d’Europe, on peut se demander si et comment naît une conscience européenne en Italie, et quel rôle a joué pour cette question la façon dont les Italiens sont perçus en Europe.

Axes de réflexion

  • la conscience de soi, la conscience nationale, la conscience européenne chez les Italiens (ressemblances et dissemblances des peuples, poursuite d’un idéal commun, idée et représentation de l’Autre)
  • les stéréotypes (parmi lesquels l’italophobie) : à quoi correspondent-ils ? pourquoi existent- ils ? quelles sont leurs fonctions ?
  • la réflexion sur la délimitation des « nations » dans une Europe qui est un ensemble à la fois cohérent et pluriculturel
  • Les Italiens dans l’union chrétienne contre les Ottomans
  • influence des « guerres d’Italie » dans la conscience de soi et de l’autre européen ; réflexion sur la faiblesse de la péninsule italienne
  • les conséquences de la Réforme protestante à partir de 1520 sur la conscience de soi des Italiens par rapport aux autres nations européennes et vice-versa
  • les déplacements des artistes italiens en Europe et des artistes européens en Italie
  • la circulation des livres italiens en Europe / la réception des livres européens en Italie
  • les pièces de théâtre et les romans qui mettent en scène des Italiens comme sources pour les « représentations » des étrangers (le théâtre élisabéthain et les Italiens tels qu’ils sont représentés à travers les personnages par exemple)
  • la question de la langue : le latin comme langue commune culturelle/ les langues nationales ; importance d’un parler identique pour marquer la cohérence d’un pays
  • le rapport à la langue étrangère : ignorance, refus, apprentissage, modalités de communication ; publications de vocabulaires polyglottes ; rédaction de manuels de conversation plurilingues à destination des marchands ; apparition du métier d’interprète dans la seconde moitié du XVIe siècle…
  • la traduction, à l’origine même de l’Europe pluriculturelle (Europe née de et dans la traduction, Meschonnic). Traduction des œuvres italiennes / traduction des œuvres européennes en Italie ; rapport avec la langue nationale comme outil légitime de l’expression littéraire etc.

Les propositions de communication, qui donneront une idée précise du thème envisagé et seront développées en quelques paragraphes, sont à envoyer le 26 avril 2017 au plus tard à : Adresses pour l’envoi des propositions

Lien vers l’appel à communications

Documents joints


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