/ Santé et sciences sociales (3S)

Axe 1. Catégorisation, subjectivation et ontologie en santé

Responsables : C. Gautier, J. Henry, F. Le Marcis, A. Vézian

L’objectif de cette thématique est de porter notre attention sur les significations et les limites des catégories sociales, comment elles sont négociées collectivement et interprétées en fonction des différentes ontologies, perceptions, intérêts et bases de connaissances en jeu pour in fine donner forme aux politiques de santé observées.

La configuration des systèmes sanitaires qu’elle soit adossée à une crise et transitoire (gestion des épidémies émergentes telles qu’Ebola), ou qu’elle fasse l’objet de tentatives de stabilisation dans un contexte de chronicisation de la maladie (pathologie cancéreuse, lutte contre la malnutrition) repose en effet sur une diversité de technologies relationnelles visant à favoriser les interactions entre population, spécialistes médicaux, gouvernement, ONG, etc. Sur nos terrains d’enquête, ces technologies prennent la forme de centres dédiés à la gestion du virus Ebola ou encore dédiés à la gestion de la malnutrition chronique des enfants au Niger, d’une configuration spatiale et fonctionnelle des établissements de santé selon une logique de gradation des soins dans le secteur de la cancérologie, ou encore de questionnaires biomédicaux dédiés à la prise en charge de patients atteints d’une pathologie aux contours biomédicaux indéterminés.

Quels que soient ces dispositifs, on constate que la configuration des politiques de santé s’appuie sur des processus de catégorisation qu’il s’agira d’étudier en prêtant attention aux dimensions symbolique et matérielle des catégories. Cette étude permettra de rendre compte de la manière dont les catégories sont produites et rendues significatives dans diverses interactions. Dans cette perspective, l’analyse de la catégorisation en tant que négociation sociale s’entend comme la résultante conjointe de processus cognitifs et sociaux. Elle consiste à analyser la manière dont ces catégories (tantôt imposées, tantôt revendiquées) sont mobilisées et fonctionnent dans un contexte sanitaire. Il s’agira notamment d’identifier les différentes ontologies sociales qui alimentent une multiplicité de pratiques et/ou actions au sein de chaque groupe d’acteur, le rôle de la temporalité sur les frontières et les significations de ces catégories, et les modalités d’imbrication et/ou d’agencement de ces catégories en les réinsérant dans les différents contextes d’action (micro, méso et macro).