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[Appel à communications] Colloque : « Parcours de formation et mobilités géographiques : modèles, instruments, stratégies. France et empire colonial français, XVIIIe-XXIe siècles », 13-14 juin 2019, Bordeaux

1er juin 2018, date limite d’envoi des propositions

Argumentaire

Ce colloque souhaite mettre en lumière la façon dont les mobilités participent, conjointement avec le déploiement d’une offre géographiquement située, à la structuration sociale et territoriale du système d’enseignement et plus largement d’une société où s’opposent Paris et la province, grandes villes et villes moyennes, zones urbaines et zones rurales. Il s’agit donc d’interroger les logiques spécifiques qui sous-tendent, d’une part, le déploiement de l’offre, d’autre part, l’organisation des mobilités individuelles et collectives, ainsi que leurs modes d’articulation et leurs relations de complémentarité et de concurrence.
Pour ce faire, le colloque n’exclura, a priori, aucune institution d’enseignement – qu’elle dispense une formation de type élémentaire, secondaire, supérieure, professionnelle, etc. Il s’intéressera aussi bien à l’enseignement public qu’aux institutions privées. Les contributions pourront porter sur des mobilités d’amplitude diverse au sein de l’espace français (à l’intérieur d’une ville, comme au sein de l’Empire colonial), ainsi que sur les déplacements d’élèves ou d’étudiants français à l’étranger.
Débouchant sur le temps présent, ce colloque fait le pari du dialogue entre l’histoire et les diverses sciences sociales qui étudient ces mobilités, leurs motivations et leurs effets dans la société contemporaine. Les contributions des géographes, sociologues, politistes, etc. seront donc les bienvenues, aux côtés de celle des historiens.
En ciblant la réflexion sur le cas français, on souhaite créer les conditions propices à un vrai travail de périodisation, s’agissant de phénomènes qui dépendent étroitement des spécificités d’un État, d’un territoire et d’une population. Des éclairages sur d’autres espaces nationaux, dans la mesure où ils contribuent à la formulation d’hypothèses éclairantes pour le cas français, pourront cependant trouver leur place dans le colloque.

Site web du colloque

Appel à communications

Appel à communications en PDF

Thématiques
Les contributions s’inscriront dans l’un ou l’autre des axes suivants :

  • Modèles

Le développement planifié de l’offre de formation - de la création des premiers lycées au plan Université 2000 - met en jeu des modèles, au sens d’idées directrices – « méritocratie républicaine », « aménagement du territoire », « égal accès à l’offre de formation » etc. – où s’entremêlent considérations axiologiques et principes organisationnels. De manière plus ou moins explicite, ces modèles supposent certaines mobilités – drainer les « meilleurs » à Paris – et en excluent d’autres – quand il s’agit, par exemple, d’enraciner la population rurale dans les campagnes – implications qu’il s’agira ici de mettre en lumière.

Dans cet axe, on s’intéressera non seulement au contenu de ces modèles, mais aussi à leur genèse, leur diffusion, leur abandon, en étant, en particulier, attentif aux acteurs qui s’en font les relais. On pourra aussi examiner les convergences ou les divergences observables entre les schémas directeurs de l’enseignement public et ceux des institutions privées, qui – pour certaines d’entre elles au moins – sont confrontées, dans des termes similaires, aux problèmes d’aires de recrutement et de structuration d’un réseau.

  • Instruments

Au-delà des symboles et des mythes dont se nourrit notre imaginaire politique, les contributions pourront s’intéresser aux différents types d’instruments utilisés pour accompagner, encourager ou encadrer ces mobilités. Exemples parmi d’autres : le cadre de classement des lycées qui sanctionne la supériorité des lycées parisiens au XIXe siècle, les modes d’organisation des transports scolaires dans la seconde moitié du XXe siècle, ou encore les systèmes d’affectation dans les collèges, les lycées ou l’enseignement supérieur (APB).

On tentera d’évaluer les effets structurants de ces instruments, qu’on ne saurait en aucun cas prendre pour de simples traductions techniques, et donc « neutres », des modèles mentionnés plus hauts. On sera tout particulièrement attentifs à la façon dont ces instruments organisent les flux financiers occasionnés par les mobilités, que celles-ci soient prises en charge par les familles, l’État ou les collectivités territoriales, etc. On inclura dans la réflexion les instruments de gestion liés à la mobilité du personnel, dans la mesure où celle-ci éclaire la structuration du système de formation. On pourra, enfin, réinterroger les conséquences pratiques du maillage opéré par les services déconcentrés de l’Éducation nationale, ses mutations, ainsi que la répartition des compétences entre l’État et les différentes collectivités territoriales.

  • Stratégies

Ce dernier axe s’intéressera aux stratégies des familles et des individus, confrontés, suivant les périodes et les filières de formation, à un marché scolaire ouvert et concurrentiel, ou à une offre sectorisée à l’intérieur de laquelle le choix est contraint voire inexistant. Dans cette deuxième configuration, on pourra examiner les mobilisations collectives qui entendent peser sur la décision politique – la lutte contre les fermetures d’école rurale – comme les stratégies individuelles qui cherchent à en contrer les effets – le contournement de la carte scolaire.

Ce colloque entend ainsi contribuer à la réflexion sur les évolutions contemporaines du lien social en France. Quel rôle l’école joue-t-elle dans la stratification tout à la fois sociale et géographique de la société française ? Sur le long terme, l’évolution des mobilités géographiques induites par les parcours de formation traduit-elle un rétrécissement ou un élargissement des horizons individuels ? Ces mobilités ont-elles contribué à mieux coordonner les territoires qui s’imbriquent dans l’espace national ou à en exacerber la concurrence ?

Modalités de travail

Ce colloque est conçu dans une perspective de travail collaboratif et fonctionnera davantage comme un atelier de discussion que comme une succession de présentations individuelles. Les intervenant.e.s retenu.e.s s’engagent donc à fournir une version de travail de leur texte le 1er mars 2019, et autorisent sa diffusion aux autres participant.e.s. Toutes et tous devront a minima lire les textes des sessions auxquelles ils/elles participent. Lors de celles-ci, un rapporteur proposera une synthèse des textes concernés et organisera les échanges qui s’ensuivront. Il convient donc d’envisager chacune de ces sessions comme l’occasion de discuter des hypothèses élaborées à partir des enquêtes empiriques. Le colloque débouchera sur une publication collective.

Les propositions initiales fourniront des indications sur les sources et la méthodologie de la recherche. Elles ne dépasseront pas 2500 signes et pourront être rédigées en anglais ou en français. Ces deux langues pourront être indifféremment employées au cours du colloque.

Informations pratiques

Colloque organisé les 13 et 14 juin 2019
Bordeaux (France)

Appel à communication ouvert du 2 novembre 2017 au 1er juin 2018

Dépôt des propositions en ligne : https://formation-mobil.sciencesconf.org

1er juin 2018 : date limite pour le dépôt des propositions
Juin-septembre 2018 : expertises par le comité scientifique
30 septembre 2018 : réponses adressées aux intervenants
1er mars : dépôt en ligne (sur un site protégé) d’une version de travail des textes qui seront présentés au colloque
13-14 juin 2019 : colloque à Bordeaux

Comité d’organisation

Marianne Blanchard, ESPE Midi-Pyrénées /CERTOP
Clémence Cardon-Quint, ESPE d’Aquitaine - université de Bordeaux/CEMMC
Leïla Frouillou, Paris Nanterre, CRESPPA-GTM
Solenn Huitric, Université de Lausanne
Emmanuelle Picard, ENS de Lyon, UMR Triangle

Comité scientifique

Robert Anderson, professeur d’histoire émérite, Édimbourg (Royaume-Uni)
Jérôme Aust, Sciences Po, Centre de sociologie des organisations
Myriam Baron, université Paris-Est Créteil, Géographie-Cités
Patrice Caro, université de Caen, Espaces et sociétés
Jean-Michel Chapoulie, professeur de sociologie émérite, université Panthéon-Sorbonne
Béatrice Collignon, université Bordeaux Montaigne, UMR Passages
Jean-François Condette, COMUE-Lille-Nord-de-France (ESPE), Centre de recherche et d’études histoire et sociétés de l’Université d’Artois
Ismaïl Ferhat, ESPE Amiens, Centre amiénois de recherche en éducation et formation
Marguerite Figeac, ESPE d’Aquitaine - université de Bordeaux / Centre d’études des mondes moderne et contemporain
André Grelon, EHESS
Michel Grossetti, EHESS
Antoine Laporte, ENS Lyon, Environnement ville et société
Jean-Noël Luc, université Paris Sorbonne, centre d’histoire du xixe siècle
Régis Malet, université de Bordeaux, Laboratoire Cultures Éducation Sociétés
Christian Maroy, université de Montréal, chaire de recherche du Canada en politiques éducatives
Antoine Prost, professeur d’histoire émérite, université Panthéon-Sorbonne
Rebecca Rogers, université Paris Descartes, Centre de recherche sur les liens sociaux
Marianne Thivend, université Lumière Lyon 2, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes
Agnès van Zanten, CNRS-Sciences Po, Observatoire Sociologique du Changement
Diana Vidal, université de São Paulo (Brésil)
Johannes Westberg, université d’Örebro (Suède)

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