/ Chercheur.e.s et enseignant.e.s-chercheur.e.s

Dakowska, Dorota

 Professeure de science politique à l’université Lumière Lyon-2
Publications dans HAL

Parcours

Professeure de science politique à l’Université Lumière Lyon 2 depuis septembre 2015, membre de l’Institut Universitaire de France à partir du 1er octobre 2015, j’ai enseigné à l’IEP de Strasbourg comme maître de conférences (2006-2015) et à l’Université de Paris 10 – Nanterre en tant qu’ATER (2004-2006).
Au cours de mes recherches doctorales, j’ai été allocataire de recherche du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Recherche à l’IEP de Paris (1999-2002), membre du Centre Marc Bloch de Berlin (1999-2004) et Junior Fellow à l’Institut d’Études Avancées, Collegium Budapest (2003).

Domaines de recherche

  • La dimension internationale des réformes de l’enseignement supérieur
  • Émergence et circulation des fondations politiques
  • Les usages politiques et sociaux de l’intégration européenne
  • Des transformations post-communistes à l’européanisation

La dimension internationale des réformes de l’enseignement supérieur

Depuis quelques années, mon intérêt pour les interactions entre les acteurs situés dans l’espace national et européen porte sur les transformations de l’enseignement supérieur. Le programme de recherche-formation du CIERA intitulé « L’académie en chantier. Transformations des universités centre-est européennes depuis 1989 », que j’ai initié et co-animé (2011-2013) a été l’occasion de revenir à la phase initiale des transformations des champs académiques après la chute des régimes communistes, puis de se pencher sur la réception du « Processus de Bologne ».

Le séminaire itinérant « Bologna from Below » que j’ai initié avait pour but de consolider l’équipe de chercheurs intéressés par les aspects internationaux des réformes de l’enseignement supérieur. La participation au projet Interdisciplinaire IDEX-CNRS intitulé CIGE (Construction et usages des indicateurs dans la gouvernance européenne) visait à contribuer à la réflexion sur le « gouvernement par les nombres » pratiqué par les instances telles que l’OCDE et la Commission européenne.

Le cas de l’enseignement supérieur permet d’articuler la réflexion sur la circulation internationale des injonctions à la réforme, l’émergence d’une expertise internationalisée et la gestion des héritages historiques plus anciens. Ce travail s’intéresse à la manière dont l’agenda européen et international est utilisé dans les politiques de l’enseignement supérieur et dans la reconfiguration des rapports entre différents acteurs impliqués dans la construction des problèmes publics.

  • « Between Competition Imperative and Europeanisation. The Case of Higher Education Reform in Poland », Higher Education, vol. 69, n° 1, 2015, p. 129-141.
  • « Laboratories of Reform ? The Europeanization and Internationalization of Higher Education in Central and Eastern Europe », introduction au numéro thématique du European Journal of Higher Education, vol. 5, n° 1, 2015, p. 4-17 (avec Robert Harmsen).
  • « Avant-propos », introduction au numéro thématique de la Revue d’études comparatives Est-Ouest, vol. 45, n°1, 2014, p. 5-19 (avec Ioana Cîrstocea et Carole Sigman).
  • ‘Polish Higher Education and the Global Academic Competition : University Rankings in the Reform Debates’, in : Tero Erkkilä (dir.), Global University Rankings : Challenges for European Higher Education. Palgrave Macmillan, 2013, p. 107-123.

Émergence et circulation des fondations politiques

Ma thèse de doctorat portait sur la place des fondations proches des partis dans l’action publique extérieure allemande. Partant d’une analyse sociohistorique de l’émergence et de l’institutionnalisation – contestée – de ces organisations dans le champ politique allemand, je me suis penchée sur l’implication de ces « professionnels de la démocratie » dans les transformations post-communistes et dans l’élargissement de l’Union européenne.

Dans le prolongement de ma thèse, j’ai lance une enquête sur la circulation du modèle de fondations politiques, où j’ai analysé les mobilisations ayant conduit à l’officialisation de « fondations politiques au niveau européen » à Bruxelles. Cette analyse croise l’analyse sociologique d’une mobilisation transnationale avec une interrogation plus générale sur la transformation des politiques de communication, telles qu’elles sont promues au niveau européen. Elle montre comment, dans un contexte de remise en cause de l’architecture institutionnelle et des politiques communautaires, la mobilisation de dispositifs participatifs apparaît comme un moyen de travailler l’image des institutions communautaires. Elle permet d’apprécier comment des entrepreneurs issus de différents espaces nationaux mobilisent les appuis dont ils disposent au sein des institutions européennes.

  • Le pouvoir des fondations. Des acteurs de la politique étrangère allemande, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, coll. Res Publica, 2014.
  • Vers une politisation du débat public européen ? L’institutionnalisation des ‘fondations politiques européennes’ », Politique européenne, n° 34, 2011, p. 167-199.
  • « Networks of Foundations as Norm Entrepreneurs. Between Politics and Policies in EU Decision-making », Journal of Public Policy, vol. 29, n° 2, 2009, p. 201-221.
  • « Des experts en démocratisation face aux changements révolutionnaires : le cas des fondations politiques allemandes », Revue d’études comparatives Est-Ouest, vol. 38, n° 1, 2007, p. 5-28.
  • « Les fondations partisanes allemandes dans le contexte de l’élargissement : transfert institutionnel et diffusion de récits européens », Revue internationale de politique comparée, vol. 13, n° 4, 2006, p. 717- 733.

Les usages politiques et sociaux de l’intégration européenne

Si mes travaux se sont penchés sur les usages de l’intégration européenne, je m’intéresse aussi au rapport de différents acteurs sociaux à l’Europe communautaire.

  • L’élargissement de l’Union européenne appréhendé « par le bas »

    Le processus de l’élargissement constitue, certes, un cadre contraignant pour les pays candidats, marqué par la position de la Commission européenne. Le terme de « négociations d’adhésion » recouvre, de fait, une relation asymétrique : les pays candidats doivent « absorber » l’acquis communautaire. Mais ce processus constitue en même temps une opportunité pour les acteurs des deux côtés, qui leur permet de se repositionner dans les configuration dont ils font partie, voire d’accéder à des ressources supplémentaires.

    • « Entre stabilisation et incorporation de l’étranger proche : les élargissements de l’UE », in : Réné Schwok, Frédéric Mérand (dir.), L’Union européenne et la sécurité internationale. Théories et pratiques, Bruxelles, Bruylant/Université de Genève, 2009, p. 143-156 (avec Laure Neumayer).
    • « L’Union européenne élargie. Acteurs et processus », dossier thématique de la revue Politique européenne n° 15, 2005 (avec Laure Neumayer).
    • « Usages et mésusages du concept de gouvernance appliqué à l’élargissement de l’Union européenne », Politique européenne, n° 10, 2003, p. 99-120.
  • Les perceptions ordinaires de l’Europe au lendemain de l’adhésion à l’UE

    L’intérêt pour les usages politiques et sociaux de l’intégration européenne m’a conduite à rejoindre le projet ANR « Conceptions ordinaires de l’Europe – CONCORDE » coordonné par Daniel Gaxie et financé par l’Agence nationale de la Recherche (ANR) (2006-2009). Ce projet a été l’occasion de développer la réflexion sur les conditions et les termes de la comparaison des attitudes à l’égard de l’intégration européenne.

    Poursuivant la discussion sur les transformations des espaces politiques sous l’effet de l’intégration européenne, j’ai contribuée au projet de recherche « jeunes chercheurs » sur la « Reconfiguration des jeux ‘populistes’ en Europe – EUROPOPULISM », financé par ANR (2005-2008). Dans ce cadre, je me suis penchée sur le recours critique à l’Europe par les partis de la droite radicale polonais.

    • « Whither Euroscepticism ? The Uses of European Integration by Polish Conservative and Radical Parties », Perspectives on European Politics and Society, septembre 2010, vol. 11, n°3, p. 254-272.
    • « Le monde européen ne se divise pas en deux catégories. Ambivalences des attitudes et diversités des arguments à l’égard de l’Europe », in : Daniel Gaxie, Nicolas Hubé, Marine de Lassalle, Jay Rowell (dirs.), L’Europe des Européens. Enquête comparée sur les perceptions de l’Europe, Paris, Economica, 2010, p. 111-128 (avec Nicolas Hubé).
    • « Existe-t-il un effet national ? Temporalités et expériences historiques dans les attitudes à l’égard de l’Europe », in : D. Gaxie, N. Hubé, M. de Lassalle, J. Rowell (dir.), L’Europe des Européens. Enquête comparée sur les perceptions de l’Europe, Paris, Economica, 2010, 129-146 (avec Jay Rowell).

Des transformations post-communistes à l’européanisation

La participation à différents projets de recherche collective sur la gestion politique de l’héritage du communisme puis sur « Les dispositifs participatifs locaux » m’a permis d’approfondir la réflexion sur la circulation transnationale de dispositifs et sur les liens entre le niveau international, communautaire, national et local.

  • La réactivation du passé dans les jeux politiques en Europe centrale

    Parallèlement à mes recherches de thèse, je me suis intéressée aux usages à la gestion de l’héritage de la période communiste, notamment à travers la manière dont les acteurs politiques, ainsi que ceux issus de l’espace académique, se réfèrent à ce passé pour se repositionner dans le jeu politique ou pour réclamer la mise en place de politiques publiques singulières. Relatives à la gestion des archives, ces « politiques du passé » peuvent se référer à des expériences situées à l’étranger, ce qui leur confère une dimension transnationale. Dans le cadre du projet portant sur la gestion des « passés douloureux » en Europe, je me suis penchée sur l’instrumentalisation du passé dans les relations germano-polonaises.

    • « Aufarbeitung ‚made in Poland’ und die Frage nach dem deutschen Standard – IPN und BStU im Vergleich », in : Katrin Hammerstein, Ulrich Mählert, Julie Trappe, Edgar Wolfrum, (dir.), Aufarbeitung der Diktatur – Diktat der Aufarbeitung ? Normierungsprozesse beim Umgang mit diktatorischer Vergangenheit, Göttingen, Wallstein Verlag, 2009, p. 86-96.
    • Agnès Bensussan, Dorota Dakowska, Nicolas Beaupré) (dir.), Die Überlieferung der Diktaturen. Beiträge zum Umgang mit Archiven der Geheimpolizei in Polen und Deutschland nach 1989, Essen, Klartext, 2004, 247 p.
    • « Archives de l’Est », dossier thématique de la revue Genèses, n° 52, 2003 (avec Agnès Bensussan et Nicolas Beaupré).
  • La circulation de dispositifs participatifs au niveau local

    Attentive aux liens entre les injonctions extérieures et des dynamiques localisées, je me suis intéressée aux tensions et aux jeux de pouvoir que pouvait impliquer la mise en place de dispositifs participatifs au niveau local. La participation au projet de recherche PICRI « Les dispositifs participatifs locaux » (2006-2009) m’a permis d’analyser la diffusion d’éléments de la « démocratie participative » au niveau local dans le cadre d’une initiative coordonnée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) en Pologne. Ce travail collectif nous a permis de constater que les dispositifs qualifiés de « participatifs » connaissent de fortes variations selon le contexte.

    • “A Polish Case Study : Participatory Budgeting in the City of Płock”, in : Yves Sintomer, Rudolf Traub-Merz, Junhua Zhang (dir.), Participatory Budgeting in Asia and Europe - Key Challenges of Deliberative Democracy, Palgrave Macmillan, Hong Kong, 2013, p. 198-209.

Publications récentes

2015



  • Dakowska Dorota, « Between competition imperative and Europeanisation : the case of Higher Education reform in Poland », Higher Education, 2015, vol. 69, nᵒ 1, p. 129-141.

  • Dakowska Dorota, « Au nom de l’Europe : les fondations politiques allemandes face à l’intégration européenne », Revue d´Allemagne et des pays de langue allemande, 2015, vol. 47, nᵒ 1, p. 37-46.

  • Dakowska Dorota et Harmsen Robert, « Laboratories of reform? The Europeanization and internationalization of higher education in Central and Eastern Europe », European journal of higher education, 2015, vol. 5, nᵒ 1, p. 4-17.

  • Dakowska Dorota, « Think tanks », in Elisabeth Lambert Abdelgawad et Hélène Michel (dir.), Dictionary of European Actors, Larcier, 2015, p. 363-365.

  • Dakowska Dorota, « Political foundations », in Elisabeth Lambert Abdelgawad et Hélène Michel (dir.), Dictionary of European Actors, Larcier, 2015.

  • Dakowska Dorota, « Enlargement », in Elisabeth Lambert Abdelgawad et Hélène Michel (dir.), Dictionary of European Actors, Larcier, 2015.

2014

  • DAKOWSKA Dorota, Le pouvoir des fondations. Des acteurs de la politique étrangère allemande, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, coll. Res Publica, 2014.
  • Ioana CIRSTOCEA, DAKOWSKA Dorota, Carole SIGMAN « Avant-propos », introduction au numéro thématique de la Revue d’études comparatives Est-Ouest, vol. 45, n°1, 2014, p. 5-19 (avec).

2013

  • DAKOWSKA Dorota, « Polish Higher Education and the Global Academic Competition : University Rankings in the Reform Debates », in : Tero Erkkilä (dir.), Global University Rankings : Challenges for European Higher Education. Palgrave Macmillan, 2013, p. 107-123.
  • DAKOWSKA Dorota, « A Polish Case Study : Participatory Budgeting in the City of Płock », in : Yves Sintomer, Rudolf Traub-Merz, Junhua Zhang (dir.), Participatory Budgeting in Asia and Europe - Key Challenges of Deliberative Democracy, Palgrave Macmillan, Hong Kong, 2013, p. 198-209.

Pôle(s)

Membre du/des pôle(s) : Politisation et Participation