/ Genre et politique

Projet FELiCiTE : Féminismes En Ligne : Circulations, Traductions, Editions

Responsable(s) scientifique(s) : Samantha Saïdi -  Vanina Mozziconacci - 

Présentation

Le projet est porté par une équipe pluridisciplinaire au sein du LabEx COMOD et du laboratoire Triangle (UMR 5206) à Lyon et est soutenu par le Le GIS Institut du Genre. FELiCiTE est constitué de trois volets. Il regroupe :

Responsables du projet :

A Triangle :

  • Vanina Mozziconacci. Agrégée et maîtresse de conférences en philosophie à l’université Paul Valéry Montpellier 3. Sa thèse porte sur les théorisations féministes de l’éducation. Coordinatrice de l’Axe Genre et Politique du labex COMOD.
  • Samantha Saïdi. Ingénieure d’étude au laboratoire Triangle UMR 5206 en tant que traductrice et éditrice en humanités numériques. Elle a été résidente de la Fabrique des humanités (ATLAS) et a traduit des textes de Michael P. Johnson, de Silke Bothfeld ainsi que différents matériaux sur l’histoire des luttes LGBT+ (articles, sous-titres de documentaires, etc.). Elle traduit actuellement un ouvrage de Claire Renzetti sur les violences conjugales. Coordinatrice de l’Axe Genre et Politique du labex COMOD.

Hors-Triangle :

  • Noémie Grunenwald. Noémie Grunenwald est traductrice (Julia Serano, bell hooks, Minnie Bruce Pratt, Sara Ahmed, Laboria Cuboniks...), éditrice (chez Hystériques & AssociéEs) et étudiante à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Ses recherches, dirigées par Régis Schlagdenhauffen, portent sur l’engagement féministe dans les pratiques de traduction.
  • Héloïse Thomas. Doctorante et agrégée en Études Anglophones, rattachée au laboratoire CLIMAS (Cultures et Littératures des Mondes Anglophones EA 4196), elle donne des cours d’histoire littéraire, littérature comparée et de traduction à l’université de Bordeaux Montaigne (L1/L2 LEA et LLCE). Elle travaille à une thèse sur "Archives, Empire, Apocalypse : représentation de l’apocalypse dans la littérature nord-américaine du 21e siècle" et axe son travail sur les études de genre, les études post-coloniales, littérature et multilinguisme. Elle a donné de nombreuses communications et publications sur l’historiographie féministe, les femmes des marges dans la littérature.

Collaborations avec les équipes pédagogiques de Lyon-2 et de l’ENS de Lyon :

Responsable de la collaboration avec le master TLEC Lyon-2 :

  • Françoise Orazi. Professeure, HDR, en civilisation britannique (laboratoire Triangle, UMR 5206). Elle a travaillé sur l’histoire du libéralisme et du féminisme. Elle a notamment traduit les textes féministes de J.S Mill et dirigé la traduction de deux ouvrages de Jeffrey Weeks.

Responsable de la collaboration avec le master GLC Lyon-2 :

  • Yannick Chevalier. Maître de conférence à l’université Lumière Lyon2, rattaché à l’IHRIM. Il a dirigé le n° Écrire le genre de la revue Mots. Les langages du politique en 2017. En 2016, il a publié, avec Maria Candea, Sylvia Duverger et Anne-Marie Houdebine-Gravaud, L’Académie contre la langue française, un ouvrage dirigé par Éliane Viennot. Yannick Chevalier est également vice-président en charge de l’égalité et de la vie citoyenne de l’université Lumière Lyon 2 et membre de l’Association Ami.es de Wittig.
  • Touriya Fili Tullon. Maîtresse de conférences en littératures francophones et comparées (mondes arabes) à l’Université Lumière Lyon 2. Ses travaux portent sur la poétique de la traduction, les études sur le genre, et sur le rapport entre littérature et politique. Elle a co-dirigé avec Elena Chiti et Blandine Valfort l’ouvrage Ecrire l’inattendu : les "printemps arabes" entre fiction et histoire, Academia, 2015). Elle s’intéresse à la traduction postcoloniale et a publié dans ce sens des traductions de textes de Mahmoud Darwich, Edouard Glissant et Ayoub Mouzaïne. Sa dernière publication "L’emploi du genre dans les études littéraires au Maghreb" aborde la traduction de la notion de "genre" en arabe (entretien avec Christine Planté et Audrey Lasserre pour la revue Francofnia : Le Concept de genre a-t-il changé les études littéraires ?, n° 74 Primavera 2018, Bologne, Olshki Editore, 2018.

Responsable des ateliers de langues arabes et chinoises :

  • Léa Buatois/Agathe Senna. Normalienne de l’ENS de Lyon. Ses recherches portent sur l’histoire de l’anarchisme chinois comme courant intellectuel au début du vingtième siècle et sur l’historiographie de ce mouvement en Chine, ainsi que sur l’émergence du féminisme chinois comme langage politique et ses rapports avec les rhétoriques nationalistes au début du vingtième siècle. [curriculum]

Responsable du Séminaire Etudes Italienne ENS de Lyon :

  • Armelle Girinon : Agrégée d’italien et doctorante en littérature (CAER). Sa thèse porte sur les Représentations de la ville de Constantinople / Istanbul dans les récits des voyageurs et résidents italiens du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Elle est porteuse du projet Migrations et Alterités.
  • Stéphanie Lanfranchi Maître de conférences en études italiennes à l’ENS Lyon. Sa thèse portait sur « La recherche des précurseurs. Lectures critiques et scolaires de Vittorio Alfieri, Ugo Foscolo et Giacomo Leopardi dans l’Italie fasciste ».

Collaboration avec les organisations financeuses :

  • Anne Gisclon. Chargée de coordination et d’aide au pilotage du LabEx COMOD. Responsable de la ligne budgétaire "LabEx COMOD" du projet FELiCiTE. Diplômée d’un Master degree de l’IEP de Lyon et d’un M2 en Science sociale ADMIRE Administrateur des institutions de recherche et de diffusion des connaissances.
  • Marie Lucchi. Secrétaire générale adjointe, responsable de la cellule partenariale, correspondante formation et gestionnaire CNRS du laboratoire Triangle/ UMR 5206. Responsable des lignes budgétaires "Triangle" et "GIS Genre" du projet FELiCiTE.
  • Alla Zhuk. Doctorante en littérature et gestionnaire du LabEx COMOD.

Autres membres :

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Argumentaire

Par manque de traductions, on a vu parfois certains champs scientifiques prendre des années de retard en France, et cela de manière particulièrement significative pour les études de genre (Möser 2013). Considérant la traduction dans la tradition de l’herméneutique (Ricœur 1968, 1970, 1978, 2004 ; Wilhelm 2014), nous souhaitons l’inscrire au cœur de nos pratiques de recherche en études de genre. Pour cela, nous avons pour projet de mettre en place des ateliers de traduction qui s’appuieraient à la fois sur la constitution d’un collectif de traducteurs·rices et chercheur·es spécialisé·es en études de genre (basé·es à Lyon : UMR Triangle/LabEx COMOD), et sur la création coordonnée d’une plateforme collaborative de traduction ainsi que d’une revue électronique de textes traduits avec comité de lecture.

Traduire en tant que féministe n’est pas un acte neutre. Comme l’ont conceptualisé, dès les années 90 au Canada, des spécialistes de la traduction de textes féministes (de l’anglais vers le français et vice versa) comme Susanne de Lotbinière-Harwood (Lotbinière-Harwood 1991), la traduction permet à la fois une réappropriation des concepts de la langue source, mais également l’affirmation d’une langue « féministe » face au « discours patriarcal » et face à des siècles d’invisibilisation des femmes et d’assise androcentrique dans la langue cible, depuis la normalisation du français au XVIIe (Candea, Chevalier, Duverger et Houdebine 2016). Traduire en féministe permettrait donc un « affranchissement du discours dominant » (Delisle 1993) dans la langue cible mais aussi un affranchissement des traditions traductologiques basées sur « des métaphores sexuelles ou sexistes » (Wilhelm 2014) comme celle de l’herméneutique de l’élan et de la pénétration (George Steiner 1978) ou comme celle de beauté vs fidélité en traduction, inventé par Gilles Ménage et développé par Georges Mounin (Mounin 1992) (sur la critique de la métaphore des Belles infidèles voir par exemple Chamberlain 1988, Von Flotow 2014). Nous pourrions pour cela nous appuyer sur ce que nous pouvons appeler une traductologie féministe, comme celle de Lori Chamberlain (Chamberlain 2004), de Susan Bassnett (Bassnett 1993), de Gayatri Spivak (Spivak 1996).

Cependant nous nous appuierons également sur d’autres traductologues comme Rosemary Arrojo. En effet, celle-ci (Arrojo 1994) critique à son tour la violence faite au texte source assumée par des traductrices féministes comme Suzanne Jill Levine, pour des raisons politiques. Rosemary Arrojo rappelle que si Jacques Derrida voyait la traduction comme une « écriture productive », et une forme de texte « original », il ne peut en aucun cas servir de caution à la subversion volontaire des textes sources. Pour elle « la traduction est vraiment sujette à ce que nous pourrions appeler, via Derrida, un « double lien », c’est à dire, qu’elle est la fois […] possible et impossible, à la fois protectrice et abusive, et à la fois fidèle et infidèle, à la fois production et reproduction de sens. » Il est important, dans cette perspective, elle aussi féministe, de réfléchir aux formes d’affranchissement respectueuses des textes cibles, comme par exemple une utilisation de l’écriture inclusive contextuellement justifiable (utilisation de celle-ci quand on ne peut déterminer du texte original si on parle d’hommes ou de femmes).

Pour en savoir plus

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Dates récentes

  • Rentrée de FELiCiTE
    21 septembre 2018, de 9h à 17h, en salle D4.260, à l’ENS de Lyon (site Descartes)

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