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Projet ANR (2010-2014) : VIOLECOGENRE

Pratiques genrées et violences entre pairs : les enjeux socio-éducatifs de la mixité au quotidien

Projet ANR Programme Enfants et Enfance

Responsables scientifiques :

  • Patricia Mercader, professeure de psychologie sociale (CRPPC) et directrice du Centre Louise Labé.
  • Annie Lechenet, maître de conférences de philosophie à l’IUFM de Lyon, UMR 5206

Présentation

Les établissements scolaires français appliquent autant que faire se peut une mixité complète des filles et des garçons depuis 1975, soit depuis une génération. Si, de manière générale, la mixité a été bien intégrée comme principe et comme pratique institutionnels, ce fut sans grand accompagnement réflexif et formatif, et avec une recherche scientifique assez partielle (Marry 2004) : on a surtout interrogé les pratiques d’enseignement et d’orientation liées aux modèles et identifications sexués, en ce qu’elles sont grosses de fortes inégalités sociales ultérieures. Pourtant un certain nombre de questions porteuses d’enjeux conséquents en termes éducatifs et politiques se posent encore, parmi lesquelles celle des pratiques de la mixité au quotidien, qu’il s’agisse des pratiques des élèves entre eux ou de celles des enseignants, des personnels éducatifs, sanitaires, sociaux et des équipes éducatives des établissements comme ensembles systémiques – ainsi que des représentations que s’en font différents acteurs.

Malgré l’abondance des travaux sur les questions afférentes (mixité à l’école, violences scolaires, violences des jeunes, violences de genre, construction de l’identité à l’adolescence, résilience), les connaissances concernant les conduites et relations éventuellement violentes entre élèves dans les établissements scolaires sont actuellement incomplètes, surtout en raison d’une insuffisante prise en compte de leur dimension de genre.

Résultats attendus

L’apport scientifique de cette recherche se situera essentiellement au plan qualitatif : connaissance et compréhension de certains éléments de conduite des adolescents, construction pour ce faire d’outils méthodologiques, analyse de données, enquêtes.

Outre une meilleure prise en compte des violences graves, cette étude permettra en effet de construire, au-delà de sa perception et de sa description, des connaissances précises et des éléments de compréhension d’un phénomène jusqu’ici perçu par certains acteurs scolaires et sociaux, mais dont la signification essentielle demeure incertaine : certains de ces « jeux », de ces « façons de parler », de ces éléments d’une « culture des adolescent-e-s », sont-ils ou non, ou aussi, des violences ? L’approche de genre, dans la prise en compte de ses effets directs (violences sexuées et/ou sexistes) et indirects (modèles genrés de conduite), rapportée à certaines conduites dans l’espace scolaire, permettra de faire la part de certains modèles masculins et féminins à l’œuvre dans l’éducation et de comprendre en quoi ils peuvent être ou non porteurs de violence. Dans la ligne de F.Héritier qui considère que la différence des sexes, « alphabet de données biologiques » indéfiniment interprétées par les sociétés, constitue la matrice de toute catégorisation sociale, nous posons que la problématique du genre est d’un apport essentiel sur les questions de l’altérité (rencontre de l’autre comme différence) et des processus d’altérisation (désignation d’un autre comme étranger, ennemi…).

Dans cette perspective, le lien avec le pôle « genre et politique », dont est membre Annie Léchenet, ne peut qu’être fécond.

Notre travail nous conduira aussi à construire des bases de données, un état des lieux des travaux, à élaborer des échelles ou grilles d’évaluation des climats de violence qui nourriront la recherche future.

Concrètement, nous souhaitons construire un guide des « bonnes pratiques » et des outils de formation des intervenants adultes du système scolaire : documentation accessible (site internet spécifique, CD-ROM, mais aussi des modules de formation initiale et continue pour les personnels).

Méthodologie

Il s’agira de comprendre les violences liées au genre en appréhendant l’univers scolaire comme système. Mais il faut également construire les éclairages contextuels et approfondir les connaissances théoriques concernant l’objet des violences liées au genre dans les établissements scolaires

Le projet engage essentiellement deux équipes et institutions :

auxquels s’adjoignent individuellement des chercheurs d’autres structures.

Chacun des deux axes sera placé sous la responsabilité d’une de ces équipes :

  • une recherche de terrain (pré-enquête auprès des chefs d’établissement, observation et recherche-action auprès de quelques établissements) qui sera gérée au CRPPC (entretiens et observations ethnographiques, seule approche capable d’appréhender un phénomène dont les indicateurs objectifs ne sont pas encore épistémologiquement constitués, et qui doit donc être appréhendé en conjuguant rigoureusement observation participante et analyse à l’aide d’une prise de recul théorique.
  • une recherche visant à donner des éclairages contextuels (historique du problème, représentations sociales) qui sera gérée à Triangle (approche plus centrée sur la philosophie politique, implication plus directe de l’IUFM).

Patricia Mercader (CRPPC, Université Lumière Lyon2) assure la coordination du projet : suivi des tâches, gestion budgétaire, organisation du séminaire interne, et la responsabilité scientifique du premier axe.

Annie Lechenet (Triangle et IUFM) est responsable scientifique du deuxième axe.

La diffusion-valorisation sera mise en œuvre dans deux directions :

  • la diffusion scientifique pure (colloque, publications) sera gérée par le coordinateur,
  • la valorisation directement liée à l’institution scolaire (bonnes pratiques, matériels et modules de formation) sera gérée à Triangle.

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