/ Axe 3 : « Sciences sociales et circulation des savoirs »

Thèses

sous la direction de L. Roulleau-Berger

Thèses en cours

  • Marie Bellot : Contexte autoritaire et production « d’espaces intermédiaires » en Chine : engagements économiques et aspirations politiques des « baling hou » 八零后.
    A priori, lorsqu’on considère l’Etat chinois, on peut s’arrêter sur deux points : la conservation d’un caractère autoritaire et son glissement d’une économie planifiée à une économie libérale dans laquelle l’individu n’est que très peu protégé socialement.
    Aujourd’hui, en Chine, dans un contexte autoritaire et de changement économique en évolution, une fraction des « baling hou », des jeunes hommes et femmes âgés de 22 à 30 ans, souvent issus des nouvelles classes moyennes chinoises, et dont le niveau de qualification est généralement supérieur au baccalauréat, confrontés à des situations de vulnérabilité économique et sociale, participent à la production « d’espaces intermédiaires » (cf Roulleau-Berger), qui révèlent un travail de production de nouvelles normes, des aspirations à des valeurs démocratiques, et des formes de dissidences discrètes par rapport au dispositif autoritaire.
  • Marie-Astrid Gillier : Migration et prostitution : le cas des migrantes chinoises peu qualifiées dans les grandes villes françaises et chinoises
  • Sébastien Pelletier : Migration et homosexualité : les enjeux de l’intersectionalité des identités minoritaires au sein du champ artistique et culturel des migrants chinois au Canada
  • Verena Richardier : Décentrement de la raison humanitaire et nouvelles « souverainetés mouvantes ». Les partenariats locaux de Handicap International en Chine et au Cambodge
  • Jean Tassin : L’autonomie des associations dans la Chine contemporaine. Mobilisations collectives pour l’environnement et production des « espaces intermédiaires »
    Les associations négocient leurs frontières et leurs rôles dans un espace public politique, manifestent des tentatives d’imposition de normes et des économies politiques au cours desquels des publics se forment et se définissent. Dans cette perspective, l’environnement se fait stratégie d’évitement du politique ou au contraire de visibilité. La pluralité des mobilisations qualifiées d’environnementales permet de penser trois approches de l’« écologie » en Chine : politique, marchande et religieuse. Ces approches renvoient à autant de débats sur les modes de développement des sociétés industrielles et mettent en valeur la formation de groupes sociaux qui investissent l’espace public et politique de nouvelles revendications et de modes d’action inédits.
  • Béatrice Zani : Carrières urbaines et professionnelles de migrantes de la Chine à Taïwan : solidarités et résistances en contexte globalisé
    Dans le cadre de la « sociologie post-occidentale », au croisement théorique des études de genre et de la sociologie de la migration, ce travail de thèse propose une analyse de la migration interne et de la migration internationale des femmes entre la Chine et Taïwan. Il s’agit de saisir la dynamique entre les capacités d’action des travailleuses migrantes chinoises (dagong mei打工妹) et les dispositifs de ségrégation dans les villes et sur les marchés du travail chinois et taïwanais, deux espaces strictement imbriqués. A Taïwan, l’analyse porte sur les façons de « prendre place » des migrantes chinoises dans l’espace urbain et sur les marchés du travail, à travers l’étude leurs modes d’inscription dans les interstices du capitalisme globalisé, où elles participent à une mondialisation par le bas. Cela permettra de repenser cette migration dans une perspective transnationale, où les initiatives économiques et entrepreneuriales des migrantes contribuent à l’émergence d’espaces économiques et sociaux transnationaux entre la Chine et Taïwan.

Thèses soutenues récemment

  • Rozenn Bahuaud :
    Bahuaud Rozenn, Imaginaires coloniaux, mépris et migration. Femmes japonaises et Coréennes entre adaptation, contraintes et résignation, Université Lumière - Lyon 2, 2016.
    Ces recherches vont mettre en perspective le parcours migratoire de femmes nord-coréennes par l’analyse de leurs carrières migratoires objectives et subjectives. Les carrières migratoires objectives de ces femmes vont se construire dans la redondance des contextes sociétaux de mise à l’épreuve, dans la répétition des violences institutionnelles, dans la confrontation aux « grammaires du mépris », mais aussi par le biais de « bifurcations biographiques ». Les événements objectifs rencontrés vont créer des fragmentations identitaires qui se répercuteront aussi sur leurs carrières migratoires subjectives. Ces identités « blessées » ne favoriseront pas les formes d’affiliation sociale, culturelle ou économique des migrantes dans les pays d’accueil. Entre violences et résistances, nous allons comprendre comment les Nord-Coréennes construisent leur nouvelle vie loin de leur pays d’origine.
  • Grégory Giraudo :
    Giraudo Grégory, Travail et racisme : carrières d’intérimaires d’origine maghrébine et africaine et épreuves de la discrimination, Université Lumière - Lyon 2, 2014.
    Le travail intérimaire repose sur une organisation particulière : une relation triangulaire entre une agence, un salarié intérimaire et une entreprise-cliente. Au regard d’une relation classique « employé/employeur », le travail intérimaire multiplie les relations (relations de service, relations d’emploi, relations de travail), inscrites dans des cadres sociaux. Avec l’apparition de critères de recrutement racistes, d’actes, de discours et de comportements discriminatoires, les cadres de l’intérim sont démultipliés. Nous observerons alors comment se construisent et s’expriment des formes de racisme, plus ou moins fortes, plus ou moins visibles, plus ou moins flagrantes, se différenciant notamment selon le genre, et soulignant les liens de dépendance et d’interdépendance entre les acteurs en présence. La question de la construction des carrières des salariés intérimaires sera posée : l’épreuve du racisme réinterroge les rapports au travail et à l’emploi, mais donne également à voir des gestions identitaires complexifiées, brouillées et bouleversées.
  • Cina Gueye :
    Gueye Cina, Activités invisibles et compétitions dans la ville africaine contemporaine : migration chinoise et reconfiguration économique à Dakar, Université Lumière - Lyon 2, 2016.
    Sous la direction de L.Roulleau-Berger en co-tutelle avec le Professeur Gora Mbodj, Université Gaston Berger de Saint-Louis.
    Au Sénégal, depuis les années 2000, les jeunes exerçant des activités économiques non légitimées développent des stratégies de résistances économiques et des luttes pour une reconnaissance sociale et économique dans l’arène urbaine qu’ils partagent avec des migrants chinois (acteurs d’une internationalisation par le bas) qui eux jouissent d’une meilleure reconnaissance auprès du pouvoir politique et auprès des populations locales. D’ailleurs à la faveur de ce statut ces entrepreneurs en l’espace d’une décennie se sont appropriés une partie de l’espace urbain symboliquement chargé. L’espace urbain est dans le cadre de cette thèse, perçu comme lieu de compétition en proie à une recomposition induite par l’immixtion des migrants chinois sur certains segments de l’économie informelle. Notre recherche interroge les capacités d’adaptation de ces jeunes acteurs en s’intéressant aux stratégies mises en œuvre de part et d’autre face à la concurrence.
  • Liu Ziqin :
    Liu Ziqin, Les jeunes diplômés chinois à l’épreuve de la précarité. Mobilités, accès à l’emploi et rapport au travail. Le cas des jeunes migrants qualifiés dans les villages-urbains à Pékin, École normale supérieure de Lyon - ENS LYON, 2014.