/ PoliFormES (Politiques de la formation, de l’éducation et du savoir)

Des enjeux thématiques

Sur la base de ce socle de questionnements partagés, les réflexions conduites au sein de l’axe ont vocation à se structurer autour d’enjeux thématiques plus circonscrits. Ces enjeux thématiques recoupent les préoccupations des différents pôles de l’UMR dans leur articulation à la thématique éducation tout en s’attachant à enrichir, sous un versant sciences sociales, la production scientifique de l’Institut français de l’éducation.

Les professionnels et institutions à l’épreuve du managérialisme

Les professionnels travaillant dans des établissements scolaires ou dans des institutions d’enseignement supérieur et de recherche – ainsi que leurs cadres – ont été confrontés depuis une quinzaine d’années à la montée en puissance du nouveau management public. Dans ce cadre, il s’agit de mettre en évidence en quoi l’introduction de nouvelles logiques d’efficience, d’accountability ou d’évaluation contribuent à redéfinir les modalités d’exercice des métiers de l’éducation et les modes de pilotage des établissements (leadership, gouvernance, fonctions d’encadrement intermédiaire). Ces dynamiques de rationalisation touchent aussi les contenus, les modes de production et les modes de mobilisation des savoirs des professionnels, tant dans les domaines au coeur de l’action éducative que dans celui de la santé, que ce soit sous la forme de l’evidence—‐based medecine ou des evidence—‐based policies.

Echelles et modes de territorialisation de l’action éducative

Les institutions éducatives sont doublement travaillées par la territorialisation et l’européanisation de l’action publique, qui concourent à redessiner la place de l’État dans ce champ. Nos travaux visent alors à comprendre si – et comment – émergent de nouveaux espaces de régulation, de coordination et de production de l’action éducative, tant au niveau local (ex. : projets éducatifs locaux et de territoires), qu’à l’échelle internationale (ex. : réseaux d’experts européens, instances supranationales, OCDE, Commission européenne). Le terrain de la santé mondiale (global health) constitue un autre terrain où travailler la question et des échelles : les grandes institutions internationales de santé émettent des recommandations qui orientent les politiques de santé et les initiatives d’éducation à la santé.

Les frontières de l’action éducative

Les travaux de l’axe s’efforcent également de saisir ces recompositions à partir de la notion de « frontière », en s’intéressant à la construction des pratiques éducatives à la jonction entre différents mondes sociaux (milieux scolaires, associations, acteurs privés, collectivités territoriales…), par exemple dans l’articulation entre « scolaire » et « périscolaire », dans le lien entre formation—‐secteur professionnel, politique scolaire et politique de la ville, ou encore sur le terrain de l’éducation à la santé et des politiques sociales. De la même façon, pour saisir les enjeux de l’articulation entre plusieurs mondes sociaux, il s’agit d’interroger les contenus des savoirs, en analysant notamment la fabrique des curricula de formation ou des messages de prévention, les freins et les conditions de possibilité d’une sphère d’activité scolaire conçue comme production cognitive collective.

L’action éducative : finalités, normes et savoirs

Il s’agit enfin d’interroger la définition des finalités de l’action éducative, les savoirs qu’elle mobilise, les normes qu’elle met en jeu, en revisitant des thèmes tels que la tension entre équité et égalité (politiques inclusives en matière de handicap, éducation prioritaire…), mais aussi en s’intéressant à la formulation de nouvelles injonctions normatives ciblant les individus et leurs corps (politiques de prévention des risques, médicalisation de l’échec scolaire). Ces enjeux seront également envisagés dans leurs aspects moraux, au sens où l’action éducative dépasse la simple transmission du savoir et renvoie à la question des catégories, des classifications et des hiérarchisations de valeur(s). Il s’agit bien de questionner l’action éducative dans ses relations au politique, à la Cité, et dans ses dimensions subjectivantes, c’est-à-dire dans la façon dont elles configurent des personnes, des identités et des façons d’être au monde.