/ Corpus numériques

Storia d’Italia

Pour une édition complète et analytique de l’exorde de l’Histoire d’Italie de Francesco Guicciardini

Le projet

http://triangle.ens-lyon.fr/storia-italia/site/storia.html

« Io ho deliberato di scrivere le cose accadute alla memoria nostra in Italia… ». C’est par ces mots que s’ouvre l’Histoire d’Italie de Francesco Guicciardini (1483-1540) telle que nous la connaissons, ouvrage phare de l’historiographie italienne dont les vingt livres ont immédiatement circulé dans toute l’Europe, en italien puis en traduction, alimentant la réflexion d’auteurs majeurs de la première modernité, tels Montaigne.

Or cet incipit célèbre est le résultat d’un tortueux travail d’élaboration, qui s’est poursuivi cinq années durant et au fil des folios de sept manuscrits, autographes ou contenant des corrections et notes autographes, encore aujourd’hui conservés dans les archives de la famille Guicciardini. Si plusieurs spécialistes se sont attachés à démêler les fils de ces réécritures successives1, leur complexité et leur ampleur sont telles que de nombreuses interrogations demeurent. C’est pourquoi l’équipe internationale réunie par Paola Moreno autour de l’Histoire d’Italie de Francesco Guicciardini se propose de réaliser une édition systématique et analytique de ce corpus, afin d’affiner la connaissance que nous avons de la genèse du texte, mais aussi de mieux cerner l’évolution et les nœuds conceptuels de la pensée de son auteur, tels qu’ils transparaissent au travers de ses hésitations, corrections, remords, d’une version à l’autre du texte.

Nous avons choisi de mener ce travail, dans un premier temps, sur l’exorde de l’Histoire d’Italie, car ces quelques paragraphes correspondent à un moment particulièrement crucial et tourmenté de l’écriture. Au vu des résultats scientifiques de ce travail, nous aspirons à étendre cette enquête à l’ensemble du texte conservé dans ces sept manuscrits, car ceux-ci représentent un point d’entrée extraordinaire dans l’officine de la pensée et de l’écriture guichardinienne.

Le site

http://triangle.ens-lyon.fr/storia-italia/site/storia.html

Ce site est en premier lieu un outil conçu pour permettre aux membres de l’équipe internationale du projet de collaborer à distance. L’édition numérique qu’il contient repose sur le travail mené par les philologues de l’équipe sur les différents états du texte. Elle contient pour l’heure les facsimilés des folios conservant l’exorde de l’Histoire d’Italie, dont le texte est présenté sous la forme d’une édition diplomatico-interprétative d’une part, et sous la forme de versions de lecture présentant l’état initial ou final du texte contenu sur le folio d’autre part. Elle a vocation à faciliter la comparaison de ces strates successives et ainsi à permettre de mieux cerner la genèse de l’œuvre.

Ces ratures, reprises, réécritures successives donnant également à voir les nœuds et les étapes de la réflexion de Guicciardini sur l’histoire mouvementée de l’Italie de son temps, cette édition a vocation à s’enrichir progressivement de commentaires produits par les différents membres de l’équipe, qui peuvent également échanger et partager leurs réflexions au sein de l’espace wiki. La vue « segment », qui met en parallèle les différentes versions d’une même portion du texte guichardinien, a été conçue pour faciliter le travail de comparaison mené par les membres de l’équipe, entre les différents états manuscrits du texte, mais aussi pourquoi pas en regard de ses différentes éditions ou traductions. Nous espérons qu’à terme, la production scientifique que constituera en soi cette édition numérique enrichie sera mise à la disposition du public.

L’équipe internationale

  • Édition et commentaire philologique :
    • Paola Moreno (Université de Liège) & Pierre Jodogne (Académie royale de Belgique)
  • Autres analyses et commentaires :
    • Jean-Louis Fournel (Université Paris 8) & Jean-Claude Zancarini (ENS Lyon)
    • Matteo Palumbo (Università di Napoli Federico II) & Giancarlo Alfano (Università di Napoli Federico II)
    • Paolo Carta (Università di Trento)
    • Hélène Miesse (Université de Liège)
  • Version numérique et commentée de l’édition :
    • Élise Leclerc (Université Grenoble-Alpes) & Samantha Saïdi (UMR Triangle 5206)