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Colloque : Intellectuels et politique en Italie dans la transition du Fascisme à la République (1940-1948).

30 mars 2011,  31 mars et 1er avril 2011. A l’ENS de Lyon et à l’Université Stendhal-Grenoble 3

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Présentation

Il s’agit de réexaminer la problématique, désormais classique, de la continuité/rupture entre Fascisme et République à la lumière de la question des intellectuels et des institutions culturelles, sans pour autant exclure quelques figures et institutions majeures du champ politique. Depuis les travaux pionniers de Claudio Pavone (des textes remontant parfois loin dans le temps mais réunis en 1995 dans le volume, Alle origini della Repubblica, Torino, Bollati Boringhieri), de nombreux chercheurs ont poursuivi l’enquête sur les institutions et les protagonistes de l’Italie de la « transition ». A partir de la fin des années 1980, en outre, ces travaux ont été infléchis par la crise des paradigmes de l’historiographie anti-fasciste. Celle-ci tendait à établir une coupure nette entre l’Italie du Ventennio et la République née de la guerre de libération et de la Résistance ; une Italie républicaine présentée par certains comme le fruit d’un « secondo Risorgimento ». Par la suite, l’intérêt porté aux temps longs des institutions culturelles et aux trajectoires d’un certain nombre d’intellectuels éminents a déplacé les clivages et fait apparaître de nouveaux enjeux. Dans l’Italie des années 1990 et 2000, on fit mine entre autres de découvrir - ou plutôt de le redécouvrir, car certains ne l’avaient jamais caché, comme l’historien Delio Cantimori - le passé fasciste de plusieurs grands intellectuels de l’Italie républicaine.

Notre projet entend se concentrer essentiellement sur la reconstruction de la période de la transition. Si notre enquête débutera en 1940, c’est néanmoins 1943 qui en représentera le moment-pivot à partir duquel inventorier mutations et continuités de cette période tourmentée ; quant à 1948, avec l’entrée en vigueur de la Constitution républicaine et la consolidation de l’hégémonie catholique dans la société et la politique italienne, elle peut être prise comme date terminale pertinente d’une décennie riche en rebondissements. Nos travaux porteront en particulier sur les milieux culturels et intellectuels, dont le contrôle avait constitué une des ambitions de la politique du Régime. Sans nous restreindre au seul domaine des études littéraires et historiques, nous envisagerons plusieurs champs et parcours biographiques (juristes, politologues, philosophes, essayistes, journalistes, hommes de spectacle et notamment de cinéma, etc.).

Le colloque sera articulé en trois moments principaux. Tout d’abord, l’évocation générale de la transformation du cadre institutionnel de l’Italie avec ses caractères propres et sa chronologie saccadée, afin de situer la question des intellectuels dans une conjoncture très particulière. Ensuite, sera abordée la question plus spécifique des institutions culturelles, intellectuelles et médiatiques durant cette période (musées, académies scientifiques, universités, école, fondations et associations scientifiques, cinéma, presse écrite, radio, etc). Nous nous arrêterons, enfin, sur quelques parcours significatifs d’intellectuels italiens entre Fascisme et République, entre ruptures, fidélités, et nouveaux « transformismes ».

Par-delà la dimension historique, et même biographique, de cette enquête sur une « génération », les questions de fond auxquelles nous aimerions apporter des éléments de réponse sont les suivantes : dans quelle mesure les paradigmes historiographiques et littéraires de l’Italie républicaine et de l’antifascisme représentent-ils une rupture par rapport aux « constructions » élaborées durant le Ventennio ? Par-delà le rejet de ces constructions et mythologies, dans quelle mesure peut-on parler - en particulier au sein de la critique littéraire et de l’historiographie marxistes de l’après-guerre - d’un processus d’assimilation et d’intégration de certains lieux communs et schémas interprétatifs élaborés ou consolidés par le Régime fasciste lui-même ? Après l’époque des polémiques liées à ce que l’on a appelé l’historiographie « révisionniste », le moment est peut-être venu de se demander, en « historiens », quelles furent les raisons intellectuelles profondes à l’origine de l’adhésion aux valeurs de l’antifascisme de l’après-guerre, tout en s’interrogeant en même temps sur les tenants et les aboutissants de cette adhésion, par-delà l’opportunisme ou le « gattopardismo » indéniable de certains parcours individuels.

Programme

Mercredi 30 mars 2011
Lyon, ENS de Lyon

  • Session I : La question générale de la transition (vie politique, droit, administration, culture).
    Matinée
    • Mimmo Franzinelli (Fondation Rossi Salvemini, Firenze, Istituto nazionale per la storia del Movimento di liberazione in Italia, Milano), La continuité dans les structures portantes de l’État central (Directions générales des Ministères, police, services secrets, etc).
    • Michele Battini (Université de Pise), à partir de son livre Peccati di Memoria. La mancata Norimberga italiana, 2003.
    • Aldo Agosti (Université de Turin), Palmiro Togliatti et le parti communiste italien avant et après la “svolta di Salerno”.
    • Maurizio Cau (Istituto Italo-Germanico, Trente), De Gasperi et les catholiques de 1942 à 1948.
    • Alessandro Giacone (Université Stendhal-Grenoble 3), Enrico deNicola e la transizione istituzionale tra Monarchia e Repubblica. {{}}

Après-midi

    • Ernesto De Cristofaro (Université de Catane), La culture juridique italienne entre fascisme et république.
    • Leonardo Casalino (Université Stendhal-Grenoble 3), Ipotecare il futuro:le culture dell’antifascismo in esilioe la nascita della Repubblica.
    • Marie-Anne Matard-Bonucci (Université Pierre Mendès-France Grenoble 2), Après les lois raciales : Intellectuels et universitaires dans l’Italie de la transition
    • Alberto Cavaglion (Université de Florence), Intellectuels juifs italiens dans la tourmente : 1938-1945.

Jeudi 31 mars 2011
Grenoble, Université Stendhal, Grande Salle des Colloques

Matin

  • Session II : Les institutions culturelles, académiques et scientifiques.
    • Massimo Baioni (Université de Sienne), La politique des musées, académies et institutions culturelles au sens large.
    • Monica Galfrè (Université de Florence), L’École italienne, entre Fascisme et République (programmes, formation, idéologie, du Ventennio à l’après-guerre), à partir de son ouvrage, Il regime degli editori. Libri, scuola e fascismo, Bari, Laterza, 2005.
    • Stéphanie Lanfranchi (ENS LSH de Lyon), La critique littéraire italienne : des paradigmes fascistes aux lectures d’après 1945.
    • Xavier Tabet (Université Paris 8/ENS LSH, Lyon), Les fortunes de Machiavel et de Beccaria entre Fascisme et République : d’un « prophète » à l’autre.
    • Laurent Scotto (Université Stendhal-Grenoble 3), Les revues cinématographiques. {{}}

Après-midi

  • Session III : Autour de parcours intellectuels de 1940 à 1948
    • Luca La Rovere (Université de Pérouse), Les jeunes intellectuels et la question des générations.
    • Olivier Forlin (Université Pierre Mendès-France Grenoble 2), Intellectuels français/intellectuels italiens dans la transition.
    • Antonio Bechelloni (Université Charles De Gaulle-Lille 3), Delio Cantimori : De Karl Schmitt à Karl Marx.
    • Pierre Girard (Université Jean Moulin-Lyon 3), Le parcours d’Eugenio Garin.
    • Enrique Seknadje (Université Paris 8), Rossellini de cinéaste de régime à « Roma città aperta » et « Païsa ».

Vendredi 1er avril 2011
Grenoble, Université Stendhal, Grande Salle des Colloques

Matin

    • Christian Del Vento (Université Stendhal-Grenoble 3), Critiques littéraires entre Fascisme et République.
    • Giovanni Falaschi (Université de Perouse), Sujet à préciser
    • Nicolas Bonnet (Université de Dijon), Giuseppe Antonio Borgese : le retour de l’exil.
    • Sergio Soave (Université de Turin), Angelo Tasca et Ignazio Silone en deçà et au-delà des frontières, au sens propre et figuré.
    • Emmanuele Cutinelli Rendina (Université de Strasbourg), Benedetto Croce et l’Italie coupée en deux. {{}}

Après-midi

    • Stefano Merlini (Università di Firenze), Piero Calamandrei e i lavori dell’Assemblea costituente.
    • Franco Sbarberi (Université de Turin), Norberto Bobbio avant et après 1943.
    • Paolo Carta (Université de Trente), Giuseppe Capograssi. {{}}

Table ronde conclusive :

Mario Isnenghi (Université de Venise), Claudio Pavone (Université de Pise), Giovanni De Luna (Université de Turin), Pier Giorgio Zunino (Université de Turin)

Contacts scientifiques

  • Xavier TABET, Hdr Paris 8/UMR Triangle 5206.
  • Stéphanie LANFRANCHI, ENS de Lyon/UMR 5206 Triangle.
  • Christian DEL VENTO, Grenoble 3/EA 611 GERCI.
  • Leonardo CASALINO, Grenoble 3/EA 611 GERCI.
  • Massimo BAIONI, Université de Sienne/Arezzo.

Documents joints


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