/ Des membres de Triangle participent

Michele Scala participe au 4e congrès du Groupement d’intérêt scientifique « Moyen Orient et mondes musulmans » (GIS MOMM)

29 juin : 10h00 - 12h00, en ligne

Présentation

  • Michele Scala, ATER à Sciences Po Lyon, chercheur associé à l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo) et à Triangle, coordonnera, avec Myriam Catusse, l’atelier « L’emploi public protège-t-il ? Salariat-s en question au Maghreb et au Proche Orient ».

Nous discutons de façon pluridisciplinaire des transformations de l’emploi public au Maghreb et au Proche-Orient. Dans un contexte où la question des inégalités, des protections et des droits sociaux sont construites en causes collectives, notre propos est de comprendre ce qu’il se joue autour et au cœur du travail. Nous discuterons d’abord des usages de la notion de salariat sur nos terrains, pour montrer qu’elle invisibilise et subalternise la grande majorité des formes d’emploi les plus ordinaires dans la région. En choisissant de concentrer notre attention sur le secteur public, réputé être au cœur des contrats sociaux car produisant le salariat le plus protecteur et socialisé, nous souhaitons débusquer les non-dits, promesses déçues, violences économiques et sociales, qui trament ce bastion du travail, étonnamment peu étudié. Plutôt qu’en faire une espèce menacée, nous chercherons à comprendre quelles sont les mécanismes de protection réellement actionnés, négociés ou fragilisés dans le cadre d’emplois emblématiques ou au contraire a-typiques du salariat fonctionnarisé. Quels sont les droits, les statuts et les dispositifs de régulation pratiqués ? Quelles sont les conflictualités qui s’y sont exprimées et s’y expriment aujourd’hui ? Quelles en sont les temporalités, les acteurs, les normes, les pratiques ? Les contributions offrent des regards croisés, à partir de terrains et d’époques différentes, afin de questionner ce que les sociétés du Maghreb et du Proche-Orient ont à dire des ordres et désordres du capitalisme.

Il interviendra dans le cadre de cet atelier sur :

  • « En deçà du contrat : préconisation statutaire, arrangements clientélaires et personnalisation des protections à Electricité du Liban », dans le cadre de (coordination et Michele Scala)

Jadis emblème de l’unité nationale et de la construction de l’État « moderne », Électricité du Liban est, aujourd’hui, un symbole éminent des crises multiples qui traversent le pays. Dans l’après-guerre civile (1975-1990), l’attention des observateurs s’est principalement tournée vers l’analyse des défaillances structurelles du secteur, des politiques de gestion (et de répartition) territoriale des ressources électriques, ou encore des projets de réformes à maintes reprises annoncées et systématiquement ajournées. Les transformations du travail et de l’emploi au sein de ce rare exemple d’État-employeur au Liban demeurent peu questionnées alors même qu’elles constituent l’un des processus les plus profonds ayant accompagné les crises successives du secteur. Dans cette intervention, je me pencherai sur le cas des travailleurs « ġabb al-ṭalab (à la demande) » : force de travail précaire et exclue du Code du travail par son article 7, progressivement devenue prépondérante dans l’entreprise à partir de l’après-guerre. En analysant les modes de régulation du travail effectivement en place, je m’efforcerai de montrer comment se constitue un équilibre entre précarité de l’emploi et continuité du travail, entre absence de protections (dans le cadre du droit) et relations de clientèle au travail assurant, en deçà du contrat, la protection que ce dernier n’assure pas. En resituant ce cas d’étude dans la réalité des rapports salariaux au Liban, je m’emploierai ensuite à déconstruire les idées de norme et de dérogation lorsqu’elles sont appliquées au travail et à l’emploi en contexte libanais et bien au-delà.

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