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Deuxième Colloque sur « Les relations entre la finance et l’industrie »

17 octobre 2013 - 18 octobre 2013, à Lyon

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Objectifs du colloque

La désindustrialisation de certaines grandes économies développées (Etats-Unis, Grande- Bretagne et France notamment) est aujourd’hui sur le devant de la scène politique et médiatique. En quelques années, nous sommes passés de la fiction d’une société « post-industrielle » et singulièrement d’un système économique « sans usines », centré d’un côté sur les activités de conception et de marketing et de l’autre sur le développement des activités de service (« la nouvelle économie ») à une réhabilitation de la place de l’industrie. Il est en effet désormais admis que la spécialisation industrielle présente des avantages sur le plan macroéconomique que ne permet pas une société largement spécialisée dans les services : des gains de productivité élevés, des niveaux de qualification supérieurs, des salaires plus élevés, des effets d’entraînement sur le système productif plus importants...

En dépit de cette prise de conscience, la crise actuelle contribue à accentuer la désindustrialisation. En France, certains aspects structurels ont joué défavorablement à l’adaptation de l’économie à la mondialisation de la production et des marchés : la taille des entreprises (une distribution bipolaire avec un très grand nombre de TPE d’un côté, de grands groupes multinationaux de l’autre et une insuffisance d’entreprises de taille intermédiaire), des relations entre les groupes et leurs sous-traitants peu coopératives, des donneurs d’ordre qui font peser les contraintes de coût sur les PME… La France est depuis longtemps relativement peu spécialisée et se positionne sur des segments d’un niveau technologique moyen. Elle se trouve « prise en étau », confrontée à la concurrence par les prix opérée par les nouveaux pays industriels sur des gammes moyennes d’une part et à une concurrence hors prix, liée à des facteurs de compétitivité hors coûts (réputation, services connexes, innovation, qualité) avec des pays spécialisés dans le haut de gamme d’autre part.

Un des éléments fréquemment pointé tient également aux difficultés de financement (difficulté d’accès au crédit des PME et au financement de l’innovation, financements de marché peu développés pour les PME et ETI…). Ces difficultés renvoient aux relations complexes entre la sphère financière et la sphère industrielle et, en France, à un mauvais appariement entre une épargne élevée et des institutions financières peu tournées vers le financement des activités industrielles.

Une industrie performante dépend de ses caractéristiques institutionnelles et notamment de celles qui ont un impact sur les liens entre finance et industrie, non seulement sur la question du financement des activités mais aussi parce que ces liens influencent la nature de la spécialisation et les formes d’organisation de la production d’une économie.

Une première édition de ce colloque en 2009, avait permis de mettre en perspective historique l’impact des institutions financières sur l’économie et plus particulièrement sur l’industrie. Les points de vue d’économistes et d’historiens dans les domaines de la finance ou de l’industrie ont notamment permis de montrer :

  • d’une part que la finance avait toujours eu deux faces, une face spéculative et une face de contribution positive à la dynamique économique,
  • d’autre part, que la transformation des liens entre les deux domaines est marquée par le renforcement de la financiarisation : développement conjoint du poids des activités financières dans l’économie et de la financiarisation des stratégies des groupes industriels.

Cette nouvelle édition ambitionne de faire dialoguer des chercheurs en économie et en sciences sociales (sociologie, sciences politiques, sciences de gestion) et des acteurs politiques et économiques de la région Rhône-Alpes, sur le thème des relations entre la finance et l’industrie. En effet, la recherche académique et la spécialisation qu’elle impose porte souvent sur ces domaines de manière séparée alors que la crise actuelle montre à quel point ces deux « secteurs de l’économie » sont interdépendants et combien un regard interdisciplinaire s’avère nécessaire pour analyser cette interdépendance.

A l’heure où on semble redécouvrir surtout dans les « anciennes économies industrialisées », l’importance d’une industrie performante pour la prospérité d’une économie, les questions du financement, de la gouvernance et de la stratégie des entreprises industrielles sont essentielles. Les liens entre la finance et l’industrie semblent ainsi plus que jamais devoir être analysés théoriquement et empiriquement.

En outre, il ne faut pas s’arrêter à la seule affirmation selon laquelle, les entreprises et l’industrie en général nécessitent des financements conséquents, il faut étudier l’affectation et l’utilisation des ressources financières par les entreprises. Dans quelle mesure les financements apportés aux entreprises contribuent-ils au développement des exportations, à la création d’emplois, à l’émergence d’activités innovantes et à la transition vers une croissance verte ? Comment les politiques industrielles, réduites pendant plusieurs décennies à la politique de concurrence, sont reformulées pour prendre en compte les défis d’aujourd’hui ? une réflexion sur le rôle des banques et des marchés y tient-elle une place ?

Ce colloque abordera les thèmes suivants :

  • Les analyses théoriques économique et sociologique des liens entre l’industrie et la finance
  • L’organisation, le fonctionnement et le financement de filières industrielles spécifiques (automobile, chimie, luxe, nano technologies …) ; la créativité industrielle et financière (design industriel, innovation, innovations financières)
  • Les enjeux spécifiques d’une transformation des liens finance-industrie : mécanismes macro économiques à l’œuvre, transition vers une économie « verte », financement de PME innovantes, création d’emplois, nouveaux produits/services
  • Politiques publiques : nature et cohérence des politiques publiques vis à vis de l’industrie et vis à vis de la finance ; échelle des politiques publiques (régionales, nationales, européenne), comparaison internationales, politique industrielle européenne.

Comité d’organisation

Comité scientifique (en cours de constitution)

Richard Arena (GREDEG, Nice), Véronique Dutraive (TRIANGLE, Lyon 2), Valérie Revest (TRIANGLE, Lyon 2), Dominique Chabert (Lyon 2), Ludovic Frobert, (CNRS, TRIANGLE), Carlota Perez (Tallin), Angelo Riva (EBS- Paris, IDHE), Benjamin Coriat (CEPN, Paris 13), Mariana Mazzucato (SPRU, Sussex, R.U.), André Cartapanis (IEP Aix en Provence), Paul Lagneau-Ymonet (IRISSO, Paris-Dauphine), Patrick Artus (études économiques Natixis, CEA), Olivier Brossard (IEP Toulouse, LEREPS), Olivier Weinstein (CEPN, Paris 13)

Modalités pratiques

Les projets de communication devront parvenir sous la forme d’un résumé de 2 pages maximum (8 000 caractères espaces compris) accompagné de vos coordonnées.

Les propositions sont à envoyer à : finance-indus@sciencesconf.org

Adresse : TRIANGLE -ISH
14 av. BERTHELOT
69363 Lyon CEDEX 07
Tél : 04 72 72 64 07
Fax : 04 72 72 65 55

Les langues officielles de la conférence seront le français et l’anglais, les communications écrites pouvant être dans les deux langues. Les organisateurs envisagent la possibilité d’organiser certaines sessions entièrement en anglais en fonction de la nationalité des intervenants.

À l’issue du colloque, une sélection d’articles par le comité scientifique fera l’objet de publications dans des numéros spéciaux de revues.

Calendrier

Date limite d’envoi des propositions : 5 avril 2013

Date de réponse des organisateurs : 15 mai 2013

Date limite d’envoi de la version finale de la communication : 10 septembre 2013

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