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Diemer, Arnaud

jeudi, 1er décembre 2011

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Titres universitaires

Chercheur à OMI (1991 – 2003), Université de Reims – Champagne Ardenne, au GRESE (2003 – 2009) de l’université de Paris I, à PHARE (2009 – 2011) de l’université PARIS I, puis à TRIANGLE (depuis 2011, membre statutaire) et au CERDI (depuis 2011, membre associé) de l’Université d’Auvergne.

Axes de recherche

1. Diversité du Capitalisme et économie européenne

Depuis près d’un siècle, le capitalisme a toujours été présenté en faisant référence à l’opposition entre le libéralisme et le
communisme (ou le marxisme). D’un côté, on précisait les traits fondamentaux du système capitaliste : propriété privée des
principaux moyens de production et d’échange ; notion de marchandises ; les individus sont libres de vendre, d’acheter, de
passer des contrats ; une fraction importante de la population vend sa force de travail contre une rémunération (ce sont les
salariés)… De l’autre, on rappelait que le capitalisme était avant tout un mode de production, historique et daté. Il se
caractériserait par une forme bien précise des rapports d’échange (relations marchandes entre agents économiques) et de
production (rapports de propriété, rapport de classes). Ces deux approches présentaient toutefois un inconvénient de taille : elles
insistaient sur le fait qu’il n’existait qu’une seule façon d’organiser ces deux rapports fondamentaux ou que la diversité des
économies pourrait être réduite à quelques points communs d’un système. On le voit bien, la question de la diversité du
capitalisme, n’était pas traitée, pire, elle se rattachait à un travail de modélisation (c’est-à-dire de représentation simplifiée de la
réalité). A partir d’une analyse de différents travaux (Shonfield, Allais, Boyer…), un corpus théorique (principalement
institutionnaliste) a été introduit pour expliquer la diversité du capitalisme. Cette approche a permis d’identifier différents
modèles économiques nationaux (français, suédois, allemand, hollandais, anglais, danois), puis d’étudier les interactions de ces
modèles avec la construction européenne. Certaines voies suivies par l’Europe reflètent à la fois, le succès de certains modèles
(la flexicurité danoise) et la volonté d’un certain consensus (concept d’Europe sociale). La diversité du capitalisme peut être
ainsi appréhendée à partir de sept mécanismes : la relation marché/Etat /société civile (dont le milieu associatif) ; l’architecture
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du système financier et monétaire ; la gouvernance des entreprises et des institutions ; l’articulation entre politiques
conjoncturelles et politiques structurelles ; la politique sociale ; le dialogue social ; les valeurs sociales. La récente crise des
subprimes a mis à mal un grand nombre d’économies. Un travail est actuellement encours pour analyser les réponses apportées
par chaque économie au choc macroéconomique. Si la crise financière ne sonne pas le glas de la diversité du capitalisme, elle a
ébranlé les certitudes du modèle occidental.

Cet axe de recherche a donné lieu à deux colloques, l’un sur la crise financière (fév 2010), l’autre sur le capitalisme (fév 2011).
Un ouvrage intitulé Les enseignements de la crise des subprimes est paru en 2011. Un autre ouvrage intitulé Heurs et malheurs
du capitalisme
est en cours de préparation (sortie février 2012).

2. Développement durable

Longtemps séparées, les questions d’économie et d’écologie sont devenues inextricablement liées pour définir ce que l’on
appelle aujourd’hui le développement durable. Cette expression est entrée dans le vocabulaire courant à la suite du rapport
Brundtland (1987) - le développement durable correspond au « développement qui répond aux besoins du présent sans
compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs
 » - mais, pour beaucoup, le sens et l’apport du
développement durable restent encore obscurs. Les travaux ont porté principalement sur les modèles hétérodoxes susceptibles
de donner une représentation pertinente et originale du développement durable. Deux courants de pensée ont été identifiés. Le premier se range sous la bannière de l’écologie industrielle. Cette dernière se présente comme une nouvelle pratique du
management environnemental. Elle répond aux besoins des entreprises, qui sous la pression des lois, des règlements, des
normes et de la concurrence, cherchent à intégrer l’environnement à leurs stratégies. De nature interdisciplinaire, l’écologie
industrielle donne une vision globale et systémique des interactions entre la société industrielle et la biosphère. Elle renvoie
aux sciences de l’ingénieur (écotechnologie), au concept d’écosystème industriel et à la notion de métabilisme industriel
(analyse des flux de matières, bilans matière-énergie, matrice input-output, évaluation du cycle de vie…). La symbiose de
Kalundborg et l’émergence des parcs éco-industriels (France, Chine…) sont présentés comme des modèles de rationalisation
de l’écologie industrielle et des illustrations tangibles du développement durable. Le second, plus difficile à cerner (puisqu’il
n’apparaît pas en tant que tel), regroupe un certain nombre d’auteurs, comme Ivan Illich (1973, 1975), André Gorz (1978,
1988), René Passet (1971, 1992) ou Nicholas Georgescù-Roegen (1978, 1993). On peut parler écologie politique. Ce courant
nous invite à réencastrer l’économie dans les sciences sociales et les forces de la nature (monde du vivant, thermodynamique).
La notion de décroissance nous invite à dépasser les conceptions quantitativistes de la richesse, pour y intégrer une dimension
qualitative susceptible de modifier nos comportements (production et consommation). Depuis quelques années, le concept de
développement durable a généré des programmes de recherche intégrant les problématiques de l’énergie et de la biodiversité.
Le triptyque (sécurité énergétique – contrainte environnementale – compétitivité économique) a poussé un grand nombre de
gouvernements à s’engager dans les bioénergies (et plus précisément des biocarburants de 1ère et 2nd génération) et à donner
naissance à des champions nationaux symbolisant notre indépendance énergétique. La question de la biodiversité a clairement
posé le problème de l’évaluation des services qu’elle offre à la société humaine.
Trois axes de recherche sont en cours d’analyse : (1) la place de l’innovation dans le développement durable, (2) la question
des différentes représentations du développement durable, (3) la constitution des parcs éco-industriels et l’émergence des
symbioses industriels. Un colloque intitulé « le développement durable vu par les économistes » sera organisé en décembre
2011. Un ouvrage collectif devrait voir le jour en novembre 2012.

3. Théorie économique et Histoire de la pensée économique

Les travaux portent principalement sur l’articulation marché – prix – équilibre. Après une incursion dans la théorie de la valeur
(textes sur Pellegrino Rossi, Auguste Walras, J.B Say…), nous avons cherché à préciser les contours du concept de marché.
Ce dernier puise sa force dans des conceptions qui mettent son efficacité au coeur de leur analyse (le marché est à la fois un
mécanisme d’échanges, un dispositif d’allocation optimale des ressources, un processus « concurrentiel »…). Le marché
renvoie à des conditions d’existence (droits de propriété, valeur-prix, loi de l’offre et la demande, numéraire) et d’efficience
(coûts de transaction, information, régulation). Chacune de ces conditions a fait l’objet d’une étude approfondie. La
mobilisation de l’économie expérimentale, notamment dans le cadre des marchés financiers, a permis de souligner que les
caractéristiques des marchés ne sont pas homogènes (en l’occurrence, le marché des biens et services est différent du marché
financier) et que les comportements économiques méritaient d’être mieux appréhendés (exemple de la loi de l’offre et la
demande). De son côté, le système de prix apparaît très souvent sous sa forme la plus rudimentaire : un bien défini par des
caractéristiques physiques, temporelles et spatiales, ne peut avoir qu’un seul prix ; une analyse en équilibre partiel rattachée à
une structure de marché (monopole, oligopole, concurrence…). La différenciation des prix est présentée comme un
déséquilibre passager, une sorte de dysfonctionnement qui s’estompe avec le temps suite au processus de tâtonnement
(échanges hors équilibre). En s’appuyant sur les travaux de Jules Dupuit, Joan Robinson et Maurice Allais… il est possible
d’introduire la différenciation des prix dans un contexte non pas d’équilibre partiel, mais également général. L’existence d’une
tradition française de l’équilibre général, celle des ingénieurs économistes et plus précisément des travaux de Maurice Allais
(calcul économique, place du secteur public, théorème du rendement social, place de la monnaie et de l’incertitude…)
constitue un point d’ancrage dans la théorie économique.
Deux axes de recherche sont associés à cette thématique. Le premier a fait l’objet d’une ACI-CNRS financée sur la période
2003-2007, d’un colloque consacré aux travaux de Maurice Allais (Juin 2009, Maison des Sciences Economiques de Paris) et
d’un ouvrage collectif paru en 2010. Le second se poursuit aujourd’hui avec l’analyse des archives de Maurice Allais.

4. Etude de la supply chain, des innovations agricoles et des marchés à terme

L’analyse agricole est ici appréhendée à partir de l’émergence et la diffusion de nouveaux modèles d’organisation. L’un des
concepts fondamentaux de cette économie de l’innovation, c’est la Supply chain. La Supply Chain Management assimile les
filières à des chaînes de valeur dont il convient de préciser le rôle et la fonction des différents acteurs (la logistique y occupe
une place importante). Les apports théoriques reposent sur l’économie des coûts de transactions, les approches institutionnelles
(signes de qualité, coopératives…), les effets de confiance et de réputation, l’apparition de formes hybrides (économie de
marché et économie des coûts de transaction). Les études empiriques sont pour la plupart liées au monde agricole. Elles
s’appuient sur des filières produits (OGM/ cultures de qualité), le développement des NTIC et des systèmes d’information, et
l’évolution des formes institutionnelles. Ce volet de recherche renvoie à plusieurs expériences d’expertise : poste de Consultant
(1998) à la société RCM Conseils (Beauvais, 60), d’enseignant chercheur à l’ISAB de BEAUVAIS, d’expert pour le compte
de la Commission européenne et d’analyse des marchés à terme. Différents rapports et études commandités par la Mission
scientifique du Consulat de France à Chicago, le Parlement européen, et le Commissariat Général au Plan.

Analyse de la filière OGM américaine, des cultures de qualité et des systèmes d’information (1999-2000-2001), partenaire :
la mission scientifique du Consulat de France à Chicago (Bernard Charpentier, Laurent Buisson). Ceci a donné lieu à plusieurs
rapports diffusés au Ministère des Affaires Etrangères, au Ministère de l’Agriculture, et à différents organismes publics et
privés.

Etude européenne (DG XII, 1999) des enjeux techniques et économiques des OGM ainsi que des liens recherche publique –
recherche privé, partenaire : INRA Grignon (Jacques Blanchet). Ceci a donné lieu à un rapport scientifique et économique,
déposé au Parlement Européen. Ce rapport a permis de faire une enquête auprès des grandes firmes agrochimiques sur la
recherche et le développement et la commercialisation des plantes transgéniques (Monsanto, Novartis, Dow, Limagrain,
Zeneca).

Programme de travail piloté par l’INRA GRENOBLE (Stéphane Lemarié, SERD) sur la possible adoption des OGM par les
agriculteurs français. (2001 – 2002) Cette étude a été commandée par le Commissariat Général au Plan : Analyse de la
concurrence et des prix dans la filière semence et produits phytosanitaires.

Cet axe de recherche est orienté actuellement sur la question des crises agricoles et du fonctionnement des marché à terme
(notamment la financiarisation des marchés de matières premières). Un ouvrage est en préparation, il devrait être prêt à la fin
de l’année 2012.

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