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/ Travail, mobilisation et mondialisation

Axe 4. Diversité des mobilisations

vendredi, 8 janvier 2021 [ / UMR 5206]

Dans ce contexte de profonde transformation des formes d’emploi, du droit du travail et des formes des entreprises, qu’en est-il des dynamiques collectives de revendication et d’organisation ? Les luttes axées sur la thématique du niveau de vie se sont-elles en partie déplacées en dehors des entreprises comme semble le montrer le mouvement des gilets jaunes ? Est-ce le résultat d’une très faible implantation du syndicalisme français dans les entreprises privées de petite et moyenne taille ? Des phénomènes comparables peuvent-ils s’observer dans d’autres pays avec l’émergence de collectifs de travailleurs tels les livreurs à vélo – parfois situés aux marges du salariat, comme les auto-entrepreneurs - mobilisés en dehors des canaux syndicaux ? Ces interrogations renvoient également aux difficultés rencontrées par les syndicats mais également les associations pour organiser les chômeurs et les doter de formes de représentations collectives. Assignés à un rôle très codifié au sein des instances représentatives du personnel, les syndicats se saisissent-ils d’autres enjeux ? Qu’en est-il des stratégies de redéploiement syndical, en direction des travailleurs précaires, menées parfois en lien avec des associations ?

Ces questions méritent d’être posées de façon comparative et en faisant varier les lieux d’observation afin de rendre compte également des dynamiques de conflits collectifs dans les pays du Nord et du Sud. Comment se construisent concrètement, et lorsque c’est le cas, des solidarités entre travailleurs de différents pays engagés sur la même chaîne de valeur pour une multinationale ? Nous chercherons également à interroger l’évolution du répertoire d’action mobilisé dans différents secteurs par les travailleurs : importance prise par les manifestations au détriment de la grève sur le lieu de travail, occupations de nœuds névralgique pour la circulation des marchandises, recours - au contraire - à la grève par des travailleurs peu familiers de ces pratiques avec des processus de socialisation et d’appropriation de cette pratique contestataire, revendications d’autres formes de participation dans l’entreprise. Ces questions méritent d’être posées d façon comparative. En faisant varier les temps, et en s’intéressant par exemple à la genèse de formes de mobilisations inédites au 19e siècle dans un contexte non alors stabilisé par l’État-Providence et en période de première déferlante libérale. Et en faisant varier les lieux, etc.