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Colloque international : « En traduisant les Trecento novelle de Franco Sacchetti : de la langue à l’histoire » (LabEx CoMod)

8 novembre 2018 - 9 novembre 2018, à Lyon

Présentation

L’objectif du colloque est d’examiner, pour la première fois, ce texte classique de la littérature italienne comme un chaînon de la grande tradition florentine qui, de Dante à Machiavel, a fait de son expérience républicaine tourmentée l’un des grands foyers de réflexion de l’histoire de la pensée politique occidentale.
Souvent considéré – et en fait, déconsidéré – comme un pâle reflet du Décaméron, le texte de Sacchetti prend tout son sens si on évalue son originalité en la rapportant aux grandes évolutions historiques de son temps : la révolte des ouvriers de la laine, la contre-révolution oligarchique, l’affirmation des États territoriaux dans la péninsule italienne, le retour de la papauté en Italie, les guerres entre Florence et Milan. En ce sens, si Sacchetti, dans une confrontation implicite et constante avec le modèle décaméronien, entend rénover radicalement, par la langue et par le style, l’écriture du récit bref, c’est pour participer pleinement à une maturation intellectuelle et politique visant à redéployer ou à retisser le lien entre l’individu et le collectif, entre le sujet et la communauté, entre les histoires particulières et l’histoire commune. Le texte est bien un creuset où se fondent, se décomposent et se reconfigurent les différents éléments d’une expérience de l’histoire.

Les interventions du colloque suivront deux axes principaux.

  • Axe 1 : « le travail de la langue »
    La critique a établi par de multiples travaux le haut degré d’élaboration littéraire de la langue des Trecento novelle. Nous interrogerons donc la richesse linguistique du texte, sa continuité avec la langue poétique de Sacchetti lui-même, son degré de fidélité à la langue littéraire du milieu du XIVe siècle, son niveau de porosité avec la langue populaire, dans le but d’élucider le travail de la langue, c’est-à-dire les effets escomptés de cet art d’écrire qui a été comparé avec bonheur, dans certaines études sur Sacchetti, à l’art de peindre.
    Si le caractère « florentin » des Trecento novelle est solidement établi, la façon dont le texte tisse des liens multiples avec l’univers citadin, ses espaces, ses limites, ses lieux, sa mémoire, sa présence dans d’autres lieux est beaucoup moins connue. Nous tenterons de comprendre de quel monde il s’agit précisément, de quel univers, de quelle mémoire et de quelles attentes, en un mot de quelle histoire Sacchetti entend faire état par ses récits, sa représentation du monde communal, religieux, seigneurial, artistique.
  • Axe 2 : « récit et pensée politique »
    Cet axe englobe donc de plein droit l’épineuse question de la fonction morale du texte, qu’il nous faudra interpréter le plus précisément possible à la lumière des enjeux contemporains : nous étudierons les relations entre les formes du récit et les phénomènes historiques qu’elles expriment, les modalités de redéfinition des finalités de la littérature et la façon dont la conjoncture politique se rattache à une histoire de longue durée de la nouvelle. Cette dernière, revisitée par Boccace au lendemain de la Peste de 1348, poursuit son évolution selon des lignes de force qui unissent Sacchetti au grand épanouissement de la culture humaniste qui s’accomplira au siècle suivant.

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