/ Soutenances (thèses et HDR)

Mohamed Ben Mansour soutient sa thèse en philosophie : « Le poète et le Prince : couleurs de l’éloge et du blâme à l’époque abbasside (750-965) »

25 novembre 2017, à 14h, l’ENS de Lyon (D2.002)

Présentation

Jury

  • Makram ABBES, Professeur à l’ENS de Lyon (directeur)
  • Mohamed BAKHOUCH, Professeur à l’Université d’Aix-Marseille (rapporteur)
  • Ali BENMAKHLOUF, Professeur à l’Université de Paris-Est Créteil Val de Marne (rapporteur)
  • Pascal BURESI, Directeur de recherche CNRS/IISMM (examinateur)
  • Isabelle COGITORE, Professeure à l’Université Stendhal-Grenoble 3 (examinatrice)

Résumé de la thèse

En partant de l’une des périodes les plus riches dans l’histoire de l’Islam en termes de créativité et de production poétiques, notre projet vise à mettre au jour les formes qu’a revêtues le rapport entre le poète et le Prince. Pour élucider ce rapport aussi complexe que protéiforme, nous ferons appel à un corpus riche et varié, et on tentera alors d’examiner la question de l’éloge et du blâme à travers trois prismes : la rhétorique, l’éthique et la politique. Le discours encomiastique mobilise la rhétorique afin d’emporter l’adhésion d’un auditoire sur une matière qui n’est pas encore établie. Mais l’effort déployé par l’orateur afin de convaincre l’auditoire ne peut se passer de la toile de fond éthique et du système commun de valeurs dont il procède pour arriver à la persuasion. Quant à la dimension politique, elle se reflète dans la fonction du poète comme « arme verbale » au service du Prince et instrument de légitimation de sa position politique contre ses adversaires réels ou potentiels.
Par-delà la fonction de panégyriste officiel, la performativité du discours politique s’étend également à la parole, d’éducation, de réforme voire de critique ouverte qui pourrait évoquer la parrêsia antique. Grâce à un fonds sapiential, la poésie apporte sa contribution au processus de formation de l’homme politique et lui offre un excellent manuel de gouvernement. Quant à la veine contestataire, l’invective, la caricature et la mobilisation de la parole polémique constituent ses principaux ressorts. La veine contestataire traverse le regard que le poète jette sur l’univers de la cour, la politique du Prince ou le rapport entre gouvernants/gouvernés. Qu’il s’agisse de nominations, de projets politiques ou de l’ethos même de l’homme du pouvoir, le poète est toujours présent pour donner son avis. L’injustice d’une décision prise par un juge, le népotisme d’un gouverneur ou la dureté d’un général sont autant d’aspects qui témoignent de la vivacité de la critique du pouvoir par le poète, et du rôle que ce dernier endosse en tant que moralisateur de cette sphère. Le conseil se présente alors comme le moyen de rectifier les décisions ou les orientations générales du Prince et témoigne de l’existence d’une véritable rationalité poétique. Aussi, la rhétorique de l’éloge et du blâme témoigne-elle de l’existence d’une rationalité poétique qui arrive à maturité à l’époque abbasside et parvient à un degré d’efficience oratoire sans précédent en raison d’une conscience accrue du poète de la nécessité de s’impliquer dans la vie politique et de peser sur le cours de l’Histoire.

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