/ Doctorant.e.s

Benzaïd, Salima

 Doctorante en science politique à l’université Lumière Lyon-2

Thèse en cours

Sous la direction de : Lahouari Addi, professeur de sociologie à l’IEP de Lyon.

Sujet de thèse : FRANCE-ALGERIE : Le lourd héritage du passé

Résumé :
Les rapports franco-algériens se sont noués dans la violence, par l’imposition du système colonial, et par une guerre de sept ans qui a permis l’accession de l’Algérie en 1962 à l’indépendance. Depuis cette date, les deux pays n’ont pas réussi à dépasser leurs mémoires de la guerre ; la France a choisi la voie de l’amnistie-amnésie pour tenter en vain de la faire oublier et l’Algérie a opté pour l’hyper commémoration de « sa guerre de libération ». Toutefois, le passé colonial ne cesse de resurgir dans le présent, faisant obstacle à des relations apaisées entre l’Algérie et la France. Actuellement, entre les deux pays, une véritable explosion mémorielle traduite par une augmentation spectaculaire du nombre de publications sur la guerre d’Algérie, a conduit à une remise en cause générale de la politique de l’oubli et à une conversion des pouvoirs publics à une politique de la mémoire. En effet, 1999 marque la reconnaissance d’ « une guerre » en Algérie qui a été pendant longtemps une guerre sans nom et qui fait suite à l’émergence d’une nouvelle politique mémorielle. La loi française du 23 février 2005 relative « au rôle positif de la colonisation » a également fait rebondir cette guerre d’Algérie dans les esprits. Depuis cette date, les Algériens ne cessent de rappeler à la France ses crimes coloniaux et d’exiger une « repentance », tandis que certains courants en France « revisitent » la colonisation de l’Algérie pour dire qu’elle avait été entreprise pour civiliser et non pour dominer.